REGARD SUR LA SCIENCE DU BÂTIMENT
Stratégies de ventilation pour les petits bâtiments J.T.
Reardon, C.Y. Shaw et G.A. Chown
Table des matières
- Tendance à l'étanchéité à l'air
Codes et normes
- Avant 1985
Exigences en vigueur en 1985 Exigences en vigueur
en 1990 Norme F326 de la CSA et orientation du CNB
- Facteurs à l'origine de changements et répercussions sur le
bâtiment
Solutions - Installations de ventilation
- Installation à extraction ponctuelle
Installation d'alimentation
centrale Installation d'extraction centrale Installation
équilibrée Installation mixte
- Considérations conceptuelles
- Bouches d'alimentation et d'évacuation
Réseau de conduits
Ventilateurs Composants de l'installation de ventilation -
Généralités
- Sommaire - Arbre décisionnel gouvernant le choix d'une
installation de ventilation mécanique
Annexe - Apport des infiltrations d'air au taux global de
renouvellement d'air
- Installation équilibrée
Installation à simple extraction
- Références
Si, par le passé, on se fiait aux fuites d'air pour assurer la
ventilation des petits bâtiments, le perfectionnement des méthodes de
construction, telle la pose de fenêtres plus étanches et de pare-air et
pare-vapeurs continus, et un plus grand souci du détail ont augmenté
l'étanchéité à l'air des bâtiments. Les fuites d'air ne constituent donc
plus toujours une source de ventilation suffisante pour répondre aux
besoins d'ensemble des bâtiments modernes.
Le présent document fait une mise au point sur les derniers
développements et leur incidence sur l'air de ventilation des bâtiments.
On ne s'y préoccupe pas de l'apport d'air comburant qu'exigent divers
appareils, tels les générateurs d'air chaud, les chauffe eau et les foyers
à feu ouvert, ni de l'air de dilution nécessaire au bon fonctionnement des
cheminées ou des bouches d'évacuation. On n'y traite pas non plus de
l'apport d'air de compensation nécessaire au fonctionnement d'appareils
particuliers, tels que les cuisinières à gril et les sécheuses; ces
appareils font effectivement fonction d'extracteurs d'air, mais ils ne
sont généralement pas comptés parmi les dispositifs de ventilation.
Le document brosse un tableau général de la tendance à l'étanchéisation
des petits bâtiments, en signalant ses répercussions sur la réglementation
du bâtiment et les raisons pour les quelles les praticiens devraient s'y
intéresser. Il donne ensuite une brève description des solutions qui
s'offrent à l'heure actuelle, c'est-à-dire des installations de
ventilation et de leur interaction avec l'ensemble du bâtiment. Dans la
dernière partie, il expose diverses considérations pratiques dont il
faudrait tenir compte au moment de la conception de bâtiments.
Tendance à l'étanchéité à l'air
La tendance apparente à construire des bâtiments plus étanches s'est
vérifiée. Dans le cadre de plusieurs études, on s'est penché sur
l'étanchéité des habitations canadiennes pour finalement constater que la
maison moderne est en effet plus étanche que celle de construction moins
récente. C'est par ailleurs à Saskatoon que la tendance se manifeste de la
façon la plus constante1. La figure 1 illustre cette
constatation, en indiquant la surface de fuite normalisée (SFN) des
habitations.
| Surface de fuite normalisée
La surface de fuite équivalente (SFE) correspond tout simplement
à la surface totale des fuites de l'enveloppe du bâtiment, exprimée
(en cm²) d'après celle d'un orifice au contour défini qui lui
permettrait un écoulement d'air comparable à celui qui se fait par
l'ensemble de ces fuites dans l'enveloppe du bâtiment. L'expression
du résultat obtenu, en fonction d'une portion normale ou
représentative de l'enveloppe du bâtiment, donne la surface de fuite
normalisée (ou SFN). Autrement dit, la SFN équivaut à la SFE divisée
par la surface de l'enveloppe du bâtiment et s'exprimé en cm² de
surface de fuite par m² de surface d'enveloppe du bâtiment. Par
ailleurs, on peut comparer l'importance des fuites de bâtiments de
dimensions différentes en exprimant la surface de fuite en fonction
d'un mètre carré normal de l'enveloppe du
bâtiment.
|
Figure 1 Résultats des études de l'étanchéité à l'air
La position et la longueur des « blocs » et de leurs «
prolongements » sur la figure indiquent la plage des surfaces de fuites
d'air normalisées relevées dans les habitations à l'étude. Le trait qui
coupe chaque bloc correspond à la surface de fuite médiane pour le
groupe indiqué, et les sections se trouvant de part et d'autre de ce
trait représentent la plage des SFN relevées en deçà de 25 % (au dessous
ou au-dessus) de cette médiane. Les prolongements indiquent les valeurs
extrêmes des surfaces de fuite mesurées.
On constate une réduction de la SFN dans les habitations de
construction récente. Les maisons présentant la plus grande surface de
fuite sont celles qui ont été construites avant 1945. Viennent ensuite les
maisons construites entre 1946 et 1960, puis celles qui ont été bâties
entre 1961 et 1980. Parmi les maisons examinées à Saskatoon, les plus
étanches à l'air sont les maisons à faible consommation d'énergie
construites entre 1977 et 1980. Il ressort par ailleurs de l'étude la plus
récente des maisons neuves (1989) construites au Canada2,3, que
les habitations bâties aujourd'hui sont très étanches à l'air, n'étant
déclassées que par les maisons à faible consommation d'énergie construites
à Saskatoon vers 1980.
S'il existe des preuves tangibles que les maisons bâties aujourd'hui
sont vraiment plus étanches que celles qu'on construisait auparavant, on a
très peu de données sur les petits bâtiments destinés à des usages non
résidentiels. Il semble que la tendance relevée dans le secteur de
l'habitation ne se retrouve pas encore de façon notable dans ces
bâtiments, peu importe les effets bénéfiques possibles de l'étanchéité sur
leur durabilité et leur rendement énergétique ou sur le confort de leurs
occupants.
Quels sont les effets d'une construction plus étanche à l'air? La
figure 2 illustre la répartition des taux de renouvellement d'air,
c'est-à-dire des taux attribuables aux fuites d'air, mesurés au cours
d'une étude de maisons des régions d'Ottawa et de Winnipeg4.
Les taux de renouvellement mesurés sont indiqués en fonction de
l'étanchéité relative de chaque bâtiment (SFN). Comme on peut s'y
attendre, la ventilation est moins élevée dans les bâtiments plus étanches
que dans ceux qui pré sentent des fuites plus nombreuses. Il faut donc
prendre des mesures qui assureront une ventilation adéquate des bâtiments
plus étanches à l'air.
Figure 2 Taux de renouvellement d'air en fonction de la surface de
fuite normalisée
La position et la hauteur des « blocs » et de leurs «
prolongements » sur la figure indiquent la plage des taux de
renouvellement d'air (ra/h) mesurés dans chacune des maisons à l'étude.
Comme chaque maison aune SFN fixe, la variation du taux de
renouvellement d'air dépend de divers facteurs, dont l'emplacement des
ouvertures dans l'enveloppe du bâtiment, l'écart de température entre
l'intérieur et l'extérieur, et l'action du vent. Le trait qui coupe
chaque bloc indique la médiane des taux de renouvellement d'air mesurés,
et les sections se trouvant de part et d'autre de ce trait représentent
la plage des taux de renouvellement d'air mesurés en deçà de 25 %
(au-dessus ou au-dessous) de la médiane. Les prolongements indiquent les
valeurs extrêmes du taux de renouvellement d'air.
Codes et normes
L'évolution récente des normes et règlements du bâtiment tient compte
de la tendance à l'étanchéité et des préoccupations connexes à l'égard de
la ventilation.
Avant 1985
Le Code national du bâtiment du Canada5 (CNB) est la
source principale de réglementation de la sécurité des bâtiments. Avant
1985, il comportait très peu d'exigences concernant la ventilation
mécanique des petits bâtiments résidentiels. Quant à la ventilation des
petits bâtiments non résidentiels, elle devait être assurée par des moyens
conformes aux règles de l'art, tels ceux préconisés dans les
manuels6,7,8 et les normes9,10 de l'American Society
of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers (ASHRAE).
Il n'était pas obligatoire de ventiler les petits bâtiments par des
moyens mécaniques, sauf s'il s'agissait d'habitations chauffées autrement
que par un appareil à combustible. Dans ce dernier cas, le CNB exigeait
l'installation d'un ou de plusieurs ventilateurs d'extraction ou de
soufflantes à capacité globale d'au moins O,05 m3/s.
Par ailleurs, le lancement du Programme de la maison à haut rendement
énergétique R-2000 mena à l'élaboration de normes distinctes des normes et
codes officiels en vigueur concernant le rendement global de ces maisons
de construction spéciale. On commença à restreindre la surface de fuite
admissible et à prévoir une ventilation mécanique. Une grande part des
travaux de recherche exécutés à l'appui du programme de la maison R-2000
ont contribué à faire modifier les exigences du CNB visant l'étanchéité à
l'air et la ventilation.
Exigences en vigueur en 1985
L'édition 1985 du CNB exigeait des installations de ventilation
mécanique d'une capacité de 0,5 renouvellement d'air par heure (ra/h) dans
toutes les maisons unifamiliales. Le CNB ne comportait toutefois aucune
exigence particulière concernant le fonctionnement de cette installation
ou la distribution de l'air en vue d'assurer l'efficacité de la
ventilation mécanique.
La ventilation des autres petits bâtiments et des habitations à
logements multiples devait être conforme aux règles de l'art selon la
partie 6 du CNB, où se trouvaient indiqués des principes du genre de ceux
que préconisent les manuels, les lignes directrices et les normes de
conception de l'ASHRAE et de l'Institut canadien du chauffage, de la
climatisation et de la réfrigération (HRAI)11. En vertu de la
partie 6 du CNB, il était permis de pourvoir aux besoins de ventilation
d'un bâtiment sans avoir recours à une installation mécanique, dans la
mesure où le concepteur du bâtiment pouvait démontrer que la ventilation
serait tout de même adéquate.
Exigences en vigueur en 1990
L'édition 1990 du CNB exige que tout logement aménagé dans un bâtiment
régi par la partie 9 du CNB soit équipé d'une installation de ventilation
mécanique capable d'assurer au moins 0,3 ra/h en moyenne, sur une période
de 24 heures. Elle ne comporte toujours aucune exigence précise à l'égard
des installations de distribution d'air ou du fonctionnement de
l'installation de ventilation mécanique.
À moins d'être constituée de ventilateurs d'extraction individuels ne
partageant pas de réseau de conduits, l'installation de ventilation
mécanique doit toujours, en vertu de l'édition 1990 du CNB, être conforme
aux exigences de la partie 6. Comme dans l'édition 1985, ces exigences
permettent de satisfaire aux besoins de ventilation des bâtiments non
résidentiels sans avoir recours à une installation mécanique; mais, encore
une fois, il incombe au concepteur du bâtiment de démontrer que la
ventilation sera quand même adéquate.
Si l'on compare les taux d'infiltration mesurés dans les habitations
examinées à Ottawa et à Winnipeg aux taux de renouvellement d'air
prescrits par les éditions 1985 et 1990 du CNB (figure 3), on constate que
la ventilation naturelle d'un grand nombre de ces maisons est inférieure à
la norme prescrite par le CNB. Ainsi, dans bien des maisons de
construction récente ou non, les fuites d'air ne suffisent pas et l'on
doit avoir recours à une installation de ventilation mécanique quelconque.
Dans certains bâtiments non résidentiels où l'humidité et les agents
contaminants sont moins considérables, la ventilation naturelle peut
toutefois encore être adéquate.
Figure 3 Comparaison des taux de fuite d'air mesurés par rapport
aux exigences du CNB
Norme F326 de la CSA et orientation du CNB
L'Association canadienne de normalisation (CSA) travaille à
l'élaboration de la norme F326 intitulée « Ventilation des habitations
»12.
Encore à l'état d'ébauche, cette norme précise le débit d'air exigible
dans chaque pièce, pour un débit d'au moins 0,3 ra/h dans la maison
entière . Elle limite le déséquilibre des débits d'extraction et
d'alimentation, ainsi que l'écart qui peut s'ensuivre entre la pression
intérieure et la pression extérieure suite à une pressurisation de 10 Pa
ou à une dépressurisation de 5 Pa à 10 Pa, selon le genre d'installation
de chauffage employé. Pour ce qui est du taux de renouvellement d'air des
divers locaux des bâtiments résidentiels et non résidentiels, la norme
s'appuie sur la norme 62-1989 de l'ASHRAE, intitulée « Ventilation for
Acceptable Indoor Air Quality »10. Il a été proposé de faire
référence à la norme F326 de la CSA - une fois parue dans sa version
finale - dans l'édition 1995 du CNB.
Facteurs à l'origine de changements et répercussions sur le
bâtiment
On pourrait croire que les diverses exigences des codes et des normes
en vigueur ont été établies par des fonctionnaires enfermés dans leur tour
d'ivoire, dans le seul but de contrarier les entrepreneurs et les
concepteurs. Mais ce n'est pas le cas. Divers facteurs ont mené aux
changements. Il est en effet difficile de concilier les exigences, parfois
contradictoires, de nombreux sous-systèmes qui influent sur les économies
d'énergie, sur la salubrité, la sécurité et le confort des occupants ainsi
que sur la durabilité du bâtiment même.
Pour maximiser les économies d'énergie, il faut réduire autant que
possible le taux de renouvellement d'air de la majorité des petits
bâtiments; en effet, l'énergie nécessaire au chauffage de l'air renouvelé
peut représenter 30 %, voire plus, de la consommation totale d'énergie des
bâtiments occupés. Il serait très économique de chauffer un bâtiment
parfaitement étanche à l'air, fermé comme un sac de plastique scellé.
Toutefois, le concept du sac de plastique produirait un bâtiment tout à
fait inhabitable: il faut qu'il y ait un certain renouvellement d'air,
d'une part, pour empêcher l'accumulation d'agents contaminants dans l'air
intérieur et, d'autre part, pour permettre aux occupants de respirer. On
doit avoir un taux de renouvellement d'air aussi élevé que possible pour
assurer la bonne santé des occupants. L'admission d'air frais et non
pollué permet de garder au minimum la concentration d'agents contaminants
dans l'air et l'admission d'une grande quantité d'air frais permet
d'éviter une atmosphère viciée, les odeurs et l'humidité trop élevée qui
nuit au confort des occupants. Soulignons toutefois qu'une ventilation
excessive peut cependant, elle aussi, compromettre le confort des
occupants, créer des courants d'air et réduire excessivement le niveau
d'humidité.
Des considérations de durabilité du bâtiment obligent par ailleurs à
contrôler l'humidité contenue dans l'air du bâtiment et à empêcher qu'elle
ne s'échappe dans les vides des murs et du toit. Une bon ne ventilation
peut contribuer à abaisser le niveau d'humidité de l'environnement
intérieur et à diluer les autres agents contaminants dégagés dans l'air,
mais un taux excessif de fuite d 'air favorise la pénétration de
l'humidité dans les vides des murs et du toit, d'où un plus grand risque
de condensation et de détérioration des matériaux par la moisissure et la
pourriture. Par ailleurs, une ventilation insuffisante et un chauffage
inadéquat peuvent aussi favoriser la condensation et l'apparition de
moisissure sur la paroi intérieure des murs et des plafonds.
Après que la première augmentation notable du prix de l'énergie, en
1973, eut amené le consommateur à penser davantage en termes d'économie
d'énergie, on a vu se dessiner une tendance à étanchéiser les bâtiments, à
réduire le taux de renouvellement d'air et à couper la consommation
d'énergie destinée au conditionnement d'air des locaux. De fait, la
construction de bâtiments plus étanches à l'air a permis d'économiser
l'énergie, en plus d'aider à bloquer l'infiltration d'humidité dans
l'enveloppe du bâtiment. Toutefois, on a vite constaté que la diminution
du taux de renouvellement d'air qui en résultait entraînait aussi une
détérioration de la qualité de l'air intérieur. La ventilation mécanique
est alors apparue comme le moyen par excellence d'accroître la ventilation
de façon contrôlée et, de ce fait, d'améliorer la qualité de l'air dans
les bâtiments sans toutefois sacrifier les autres avantages que présente
une enveloppe plus étanche.
| Le plan de pression neutre - Ce qu'il est et ce qu'il
signifie
La notion de plan de pression neutre (PPN) aide à comprendre
l'effet de l'installation de ventilation sur la répartition de la
pression de l'air. Elle s'apparente au phénomène du tirage, selon
lequel l'air chaud monte dans une cheminée tandis que l'air froid y
pénètre par le bas.
L'écart de température entre l'intérieur et l'extérieur d'un
bâtiment amène un écart de pression (figure A). Le PPF correspond à
la hauteur à laquelle la pression est la même à l'intérieur et à
l'extérieur du bâtiment, lorsqu'il n'y a pas ou à peu près pas de
vent. Au-dessous du PPN, l'écart de pression fait pénétrer l'air
dans le bâtiment; au dessus, il l'expulse au dehors. Dans un
bâtiment sans bouches d'évacuation, ni cheminée, ni installation de
ventilation mécanique, le PPN se situe d'ordinaire à peu près à
mi-hauteur. C'est la ligne de démarcation entre la partie de
l'enveloppe du bâtiment où il y a infiltration d'air et celle où il
y a exfiltration d'air. Son emplacement exact dépend de la
répartition des fuites d'air dans l'enveloppe du bâtiment.
La figure B illustre ce fait. L'exfiltration d'air humide et
tiède de la partie supérieure du bâtiment a fait apparaître de la
condensation et du givre sur les fenêtres supérieures.
L'infiltration d'air sec et frais dans sa partie inférieure y a, en
revanche, gardé les fenêtres dégagées. Le PPN se trouve de toute
évidence aux deux tiers de la hauteur des fenêtres du
rez-de-chaussée.
Dans un bâtiment doté d'une cheminée (figure C), celle ci
constitue un point de fuite supplémentaire dans la partie supérieure
de l'enveloppe. Le PPN se trouve alors plus haut, et l'infiltration
d'air et le taux global de fuite d'air augmentent. Autrement dit,
plus l'emplacement du PPN est haut, plus la partie de l'enveloppe où
s'exercent les pressions causant des exfiltrations est réduite et
plus les exfiltrations causées par les pressions elles-mêmes sont
faibles. L'évacuation d'air par la cheminée comble l'écart qui
existe entre les infiltrations et les exfiltrations se faisant par
les autres ouvertures de l'enveloppe. Cet effet de tirage explique
probablement pourquoi les maisons chauffées à l'aide d'appareils à
combustible à tirage naturel posent, en règle générale, moins de
problèmes d'humidité que les maisons chauffées à l'électricité, qui
n'ont pas de cheminée.
Les ventilateurs d'extraction relèvent le PPN et augmentent les
infiltrations, tandis que les ventilateurs d'alimentation
l'abaissent et augmentent les exfiltrations.
|
Figure A Plan de pression neutre
Figure B Plan de pression neutre indiqué par le givre sur les
fenêtre
Figure C Effet de la cheminée sur le plan de pression
neutre
| Solutions - Installations de
ventilation
Il y a trois types fondamentaux d'installations de ventilation
mécanique (figure 4):
- I'installation à simple alimentation;
- I'installation à simple extraction;
- I'installation équilibrée.
Figure 4 Types fondamentaux d'installations de ventilation
mécanique
L'installation à simple alimentation fait appel à un ou à plusieurs
ventilateurs qui tirent l'air frais à l'intérieur du bâtiment.
L'extraction de l'air se fait par les fuites de l'enveloppe. À l'inverse,
l'installation à simple extraction suppose l'emploi d'un ou de plusieurs
ventilateurs pour expulser l'air, l'admission de l'air de compensation
étant assurée par infiltration. Quant à l'installation équilibrée, elle
emploie un ventilateur pour assurer l'alimentation en air neuf et un autre
pour expulser l'air.
La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) prépare à
l'heure actuelle des lignes directrices13 visant à aider les
concepteurs, les entrepreneurs en construction et les propriétaires à
respecter les exigences de l'édition 1990 du CNB en ce qui concerne la
ventilation dans les habitations. Elle y recommande quatre solutions
élémentaires:
- l'installation d'extraction ponctuelle;
- l'installation d'alimentation centrale;
- l'installation d'extraction centrale;
- l'installation équilibrée (additionnée ou non d'un ventilateur
récupérateur de chaleur).
Ces quatre types d'installations conviennent aux bâtiments chauffés par
une installation à air chaud puisé. Sous réserve de certaines
modifications, ils peuvent également être mis en oeuvre dans des bâtiments
équipés d'autres types d'installations de chauffage, telles qu'une
installation de chauffage à eau chaude ou des plinthes chauffantes
électriques. Tous peuvent convenir aux bâtiments visés par la partie 9 du
CNB, bien que certains sont plus ou moins appropriés aux bâtiments non
résidentiels. Exception faite de l'installation d'extraction ponctuelle
mise en oeuvre dans les maisons, toutes les installations doivent être
conformes aux exigences de la partie 6 du CNB.
Voici comment chacun de ces quatre types d'installations agit sur le
fonctionnement du bâtiment dans son ensemble.
Installation d'extraction ponctuelle
L'installation d'extraction ponctuelle est celle qu'on emploie le plus
couramment pour assurer la ventilation d'une maison et elle le demeurera
probablement dans un avenir prévisible. C'est la seule installation de
ventilation mécanique pour habitation qui n'est pas tenue, en vertu de la
partie 9 du CNB, de satisfaire aux exigences de la partie 6. Elle est
constituée d'un ou de plusieurs ventilateurs d'extraction, comme un
ventilateur de salle de bain ou une hotte aspirante, qui assurent la
ventilation totale du bâtiment (figure 5). Ce mode de ventilation peut
également convenir à d'autres petits bâtiments. Par exemple, on pourrait
poser un ventilateur d'extraction dans un petit atelier ou dans une cabine
de peinture. L'installation dans un bâtiment non résidentiel doit
cependant, comme l'exige la partie 6, être conforme aux règles de l'art et
satisfaire, par exemple, à la norme 62-1989 de l'ASHRAE, aux lignes
directrices et aux exigences des manuels de conception pertinents de
l'ASHRAE.
Figure 5 Installation d'extraction ponctuelle
L'installation expulse l'air au dehors au moyen d'un ou de plusieurs
ventilateurs d'extraction, l'alimentation en air de compensation se
faisant par infiltration naturelle ou par des prises d'air aménagées à
cette fin. Elle a donc tendance à créer une dépression à l'intérieur et à
relever le plan de pression neutre. Selon la hauteur à laquelle celui-ci
est relevé, il y a réduction ou élimination totale des exfiltrations - il
y a élimination lorsque le PPN est élevé au-dessus du plafond du dernier
étage chauffé.
Avantages de l'installation d'extraction ponctuelle
L'installation d'extraction ponctuelle a plusieurs avantages. Elle est
simple et relativement peu coûteuse. Installée dans une maison, elle n'est
pas assujettie aux exigences de la partie 6 du CNB visant la conception du
bâtiment. Par ailleurs, en vertu de la partie 9 du CNB, le taux global de
renouvellement d'air sera respecté si les ventilateurs installés ont une
capacité collective égale ou supérieure à 0,3 ra/h. Ce type d'installation
convient bien aux bâtiments neufs et peut assez facilement être mis en
place au cours de travaux de réfection. En relevant le plan de pression
neutre et en diminuant ou éliminant les exfiltrations, il peut réduire les
risques de problèmes d'humidité dans les murs et dans le toit.
Inconvénients de l'installation d'extraction ponctuelle
Néanmoins, ce mode de ventilation n'est pas sans présenter certains
inconvénients. L'installation d'extraction ponctuelle a en effet tendance
à gêner la distribution de l'air, car elle n'évacue pas l'air de tous les
espaces et l'alimentation en air frais dépend des voies naturelles
d'infiltration. De plus, l'air de compensation assuré par les
infiltrations ou par les prises d'air peut créer des courants d'air froid
puisque, par définition, son entrée n'est pas contrôlée. Dans les régions
froides du pays, il peut donc être nécessaire d'installer un appareil de
chauffage électrique dans les conduits d'air de compensation.
Deux autres inconvénients majeurs peuvent avoir des répercussions sur
la santé des occupants. Il peut en effet y avoir inversion du tirage ou
refoulement des gaz de combustion pendant le fonctionnement des
ventilateurs d'extraction. Le fonctionnement de ces appareils peut aussi
favoriser l'admission des gaz se dégageant du sol, et, de ce fait,
l'infiltration de radon, d'humidité et d'autres agents contaminants dans
le bâtiment.
Enfin, les nombreuses ouvertures de l'enveloppe du bâtiment qu'exige ce
genre d'installation ajoutent aux problèmes de calfeutrage et
d'étanchéisation.
Installation d'alimentation centrale
L'installation d'alimentation centrale est un autre mode de ventilation
fréquemment utilisé dans les petits bâtiments. Dans sa version la plus
simple, qu'elle soit destinée à un bâtiment résidentiel ou non
résidentiel, elle suppose la mise en place d'un conduit de distribution
d'air frais raccordé de l'extérieur au plénum de reprise du générateur
priseur d'air chaud (figure 6). Le ventilateur du générateur aspire l'air
frais de l extérieur et le distribue dans tout le bâtiment. L'expulsion de
l'air se fait par exfiltration.
Figure 6 Installation d'alimentation centrale
L'installation tend donc à pressuriser l'intérieur du bâtiment et à
abaisser le plan de pression neutre. De ce fait, elle diminue la partie de
l'enveloppe par où se font les infiltrations, de même que les pressions
qui les favorisent. L'infiltration d'air totale peut donc s'en trouver
réduite et elle est éliminée totalement si le PPN se situe sous le
plancher du sous-sol. Il y a par contre accentuation des pressions
extérieures et de la partie de l'enveloppe soumises à l'exfiltration, d'où
un taux d'exfiltration global plus élevé. L'installation doit satisfaire
aux exigences de la partie 6 du CNB, qu'elle soit aménagée dans un
bâtiment résidentiel ou non résidentiel.
Avantages de l'installation d'alimentation centrale
La simplicité relative et le faible coût de l'installation
d'alimentation centrale sont deux avantages notables. Dans la mesure où le
bâtiment est équipé d'une installation de chauffage central à air chaud
puisé, cette solution peut être mise en place tout aussi bien dans le
cadre d'un travail de réfection qu'au moment de la construction d'un
bâtiment. Elle a en outre le gros avantage de favoriser une bonne
distribution de l'air frais dans tout le bâtiment. Sa tendance à
pressuriser le bâtiment diminue également les risques de refoulement et
d'infiltration des gaz se dégageant du sol. Enfin, l'installation suppose
une seule ouverture dans l'enveloppe du bâtiment, et ce, pour
l'aménagement du conduit de distribution.
Inconvénients de l'installation d'alimentation centrale
Ce mode de ventilation présente toutefois un inconvénient de taille: il
favorise la pénétration de l'air humide provenant de l'intérieur dans les
vides des murs et du toit, où il peut se produire de la condensation qui
causera d'autres problèmes comme l'apparition de moisissure, la pourriture
des matériaux et l'écaillement de la peinture. Il ne faudrait donc
employer ce moyen de ventilation que dans un bâtiment équipé d'un très bon
pare-air. Son aménagement dans le cadre d'une réfection peut par ailleurs
ne pas être pratique, puisqu'il est parfois difficile de s'assurer que le
pare-air en place suffira à prévenir les problèmes causés par l'humidité.
Dans les régions froides du pays, on peut devoir mettre un
chauffe-conduit dans le conduit d'alimentation en air frais pour tiédir
l'air afin d'empêcher la formation de condensation sur l'échangeur de
chaleur du générateur et les courants d'air froid qui incommoderaient les
occupants. En outre, si l'entrée d'alimentation est mal située,
l'installation de ventilation peut introduire dans le bâtiment les bruits
de l'extérieur.
Installation d'extraction centrale
La ventilation par extraction centrale (figure 7) exige l'installation
d'un réseau de conduits distinct qui raccorde toutes les bouches
d'évacuation à un ventilateur central d'une capacité suffisante pour
répondre à tous les besoins de ventilation du bâtiment entier. À l'instant
de l'installation d'extraction ponctuelle, l'installation d'extraction
centrale expulse l'air hors du bâtiment et dépend surtout des voies
naturelles d'infiltration pour son alimentation en air de compensation.
Elle élève elle aussi le plan de pression neutre et réduit ou élimine les
exfiltrations par l'enveloppe du bâtiment. Sa conception et son
alimentation en air de compensation doivent être bien conçues, satisfaire
aux exigences de la partie 6 du CNB et assurer un fonctionnement
satisfaisant.
Fiqure 7 Installation d'extraction centrale
Avantages de l'installation d'extraction centrale
Comme l'installation d'extraction ponctuelle, l'installation
d'extraction centrale a l'avantage de réduire les risques de problèmes
d'humidité dans les murs et dans le toit. En outre, son ventilateur
central assure un contrôle automatique à l'aide de commandes centrales et
de détecteurs, tels des humidistats ou des détecteurs contenant du dioxyde
de carbone (CO2). Le ventilateur central peut être situé loin
des aires tranquilles du bâtiment, de manière à réduire les risques de
problèmes de bruit. Un emplacement judicieux des prises d'air des conduits
du réseau d'évacuation peut par ailleurs améliorer la distribution de
l'air de remplacement. Dans les bâtiments où l'économie d'énergie est un
facteur important et dans certains bâtiments non résidentiels où la charge
de contaminants exige un taux de renouvellement d'air élevé, on peut
intégrer une pompe à chaleur à l'installation afin de récupérer la chaleur
de l'air extrait et d'aider à chauffer l'eau ou l'air extérieur admis.
Enfin, le mécanisme d'extraction étant central, on ne fait qu'une seule
ouverture dans l'enveloppe du bâtiment, ce qui réduit d'autant les risques
de complications et de problèmes au plan de l'étanchéisation.
Inconvénients de l'installation d'extraction centrale
Ce type d'installation peut être considérablement plus coûteux que les
deux précédents. Il présente également les mêmes inconvénients majeurs que
l'installation d'extraction ponctuelle décrite auparavant: il augmente les
risques de refoulement des gaz de combustion et favorise l'infiltration
des gaz se dégageant du sol. Étant donné la dépression que l'installation
crée, elle peut en outre accroître les courants d'air froid et elle
s'assortit d'une piètre distribution de l'air, à moins qu'on ne prenne
soin de placer judicieusement les prises d'air du réseau des conduits
d'évacuation. De plus, si les besoins d'air de compensation sont très
élevés, on peut devoir aménager plusieurs autres ouvertures dans
l'enveloppe du bâtiment.
Installation équilibrée
L'installation de ventilation à taux d'alimentation et d'extraction
équilibré se compose d'un ventilateur d'alimentation central, d'un
ventilateur d'extraction central et d'un réseau de conduits de
distribution et d'évacuation (figure 8). Elle peut également comporter un
échangeur de chaleur de type air-air permettant de récupérer l'énergie
thermique de l'air évacué pour tiédir l'air frais admis. L'air
d'évacuation est recueilli par un réseau de conduits indépendant de celui
de l'installation de chauffage à air chaud puisé, et expulsé hors du
bâtiment par le ventilateur d'extraction. L'air de remplacement, qui est
aspiré par le ventilateur d'alimentation, peut être injecté dans le plénum
de reprise de l'installation de chauffage à air chaud puisé ou, dans le
cas d'une autre installation de chauffage, être distribué par un réseau de
conduits distinct. L'installation équilibrée convient seulement aux
bâtiments plus étanches où la distribution et l'évacuation de l'air
doivent être assurées par des moyens mécaniques, c'est-à-dire à ceux dont
l'enveloppe est trop imperméable pour que les fuites permettent une
infiltration suffisante d'air soufflé et une exfiltration adéquate de
l'air d'évacuation.
Figure 8 Installation équilibrée
Lorsque ce type d'installation fonctionne dans un environnement en
équilibre, il n'influence aucunement la répartition naturelle des
pressions qui s'exercent sur le bâtiment ni le plan de pression neutre,
qui n'est ni abaissé ni relevé. Toutefois, en raison du milieu ambiant,
l'installation fonctionne souvent en déséquilibre, donc comme une
installation d'extraction ou d'alimentation. Ainsi, elle peut se
transformer en installation d'extraction lorsque les grilles d'entrée du
ventilateur d'alimentation sont partiellement obstruées; elle agira comme
une installation d'alimentation si l'air admis est très froid, car
celui-ci se réchauffera et se répandra à son entrée dans l'espace habité,
ajoutant effectivement au débit d'alimentation. Par ailleurs, si une
accumulation de givre obstrue partiellement le conduit d'évacuation de
l'échangeur de chaleur de type air-air, le débit d'extraction pourrait
s'en trouver réduit et l'installation fonctionnerait alors comme une
installation d'alimentation.
Il faut choisir avec beaucoup de soin l'échangeur de chaleur de type
air-air à intégrer à l'installation de ventilation à taux d'alimentation
et d'extraction équilibré. Par le passé, bon nombre de ces appareils ont
connu des problèmes sérieux en raison de l'accumulation de givre et de
défauts de conception au niveau du dispositif de dégivrage prévu et de la
résistance au givre. Le choix de modèles actuellement offerts sur le
marché est très vaste; on ne devrait donc opter que pour un appareil bien
conçu, qui s'est avéré fiable après avoir été mis à l'essai dans les
conditions climatiques précises dans lesquelles on l'emploiera.
Avantages de l'installation équilibrée
Ce type d'installation peut assurer un taux de renouvellement d'air
élevé, et ce, sans occasionner de gros frais de chauffage, si on y intègre
un ventilateur récupérateur de chaleur. Bien que l'installation n'ait
aucune influence sur l'équilibre des pressions exercées sur le bâtiment,
le taux de renouvellement d'air plus élevé qu'elle peut donner peut
abaisser le niveau d'humidité à l'intérieur et, de ce fait, les risques de
problèmes d'humidité dans les murs et dans le toit. Cet aux de
renouvellement d'air plus élevé et continu peut en outre aider à atténuer
les dangers occasionnés par l'infiltration de radon et le refoulement des
gaz de combustion, en diluant les contaminants que ces phénomènes font se
déverser dans l'air du bâtiment. L'installation assure également une très
bonne distribution de l'air et se prête particulièrement bien à une
commande automatique. Elle ne nécessite aucune alimentation complémentaire
en air de compensation, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'effectuer
d'autres ouvertures dans l'enveloppe.
Inconvénients de l'installation équilibrée
Étant donné son réseau distinct de conduits d'évacuation et l'addition
possible d'un échangeur de chaleur, l'installation équilibrée est la plus
coûteuse et la plus compliquée de toutes les installations qui ont été
décrites. Elle est difficile à équilibrer et peut obliger à retenir les
services d'un installateur agréé, ce qui en augmente encore le coût. Comme
elle nécessite beaucoup d'entretien (inspection et nettoyage), son coût
d'exploitation peut également être assez élevé. Cette installation
convient surtout aux bâtiments neufs, car l'enveloppe des bâtiments plus
vieux comporte en général assez de fuites que les voies naturelles
d'infiltration et d'exfiltration court circuiteraient l'installation
mécanique. La mise en oeuvre d'une installation équilibrée au cours de
travaux de réfection n'est donc habituellement pas pratique.
Installation mixte
Dans la pratique, on se sert fréquemment de diverses combinaisons des
installations élémentaires décrites précédemment. Ainsi, on équipera
souvent un bâtiment d'une installation d'alimentation centrale (comportant
un conduit qui amène l'air frais au plénum de reprise du générateur d'air
chaud) et de dispositifs d'extraction ponctuelle, comme un ventilateur de
salle de bain et une hotte aspirante. Du point de vue de la répartition
des pressions exercées sur le bâtiment et du plan de pression neutre, une
installation de ce genre peut fonctionner de façon très similaire à
l'installation équilibrée. Il arrive aussi qu'une installation équilibrée
soit additionnée de dispositifs d'extraction ponctuelle - par exemple, on
pourrait doter la chambre noire d'un magasin de son propre ventilateur
d'extraction pour éliminer les odeurs de produits chimiques. Certaines
installations mixtes sont conçues et installées à des fins spéciales,
tandis que d'autres sont courantes.
Considérations conceptuelles
Voici certaines des considérations pratiques qui influent sur la
conception des installations de ventilation mécanique et de leurs
composants. Ces notions ne sont pas nécessairement nouvelles. Elles sont
tirées de nombreuses sources faisant autorité6,11,13, et
l'exposé qui suit constitue en fait une revue des règles de l'art.
Bouches d'alimentation et d'évacuation
La figure 9 indique l'espacement et les dégagements requis pour les
bouches d'alimentation et d'évacuation. Il faut aménager ces orifices à au
moins 1 m de tout angle du bâtiment afin d'atténuer le plus possible
l'effet du vent. Par ailleurs, il ne faut pas placer les bouches
d'alimentation à moins de 450 mm du sol, et les bouches d'évacuation à
moins de 200 mm, pour éviter leur obstruction par la neige et leur
contamination par les produits de jardinage tels les herbicides. Il doit
en outre y avoir au moins 1 800 mm, verticalement ou horizontalement,
entre les bouches d'alimentation et d'évacuation afin de prévenir autant
que possible les risques de contamination réciproque.
Figure 9 Emplacement des bouches d'alimentation et d'évacuation
Ces orifices doivent être aménagés dans un endroit où ils seront
protégés de l'action directe du vent et loin des sources de contamination
possibles, comme un parc de stationnement, une aire de chargement ou un
entrepôt de combustibles ou de produits chimiques. Par ailleurs, comme les
bouches d'alimentation peuvent transporter le bruit, il faudrait en outre
les placer loin des sources de bruit, tels l'équipement mécanique, les
ventilateurs ou les dispositifs de condensation des installations de
conditionnement d'air.
Les conduits d'évacuation devraient être munis de registres qui les
empêcheront de fonctionner comme des bouches d'alimentation lorsqu'ils ne
sont pas actionnés. Tous les orifices, qu'il s'agisse de bouches
d'alimentation ou d'évacuation, devraient être protégés contre les
intempéries et l'intrusion d'insectes et de petits animaux par l'addition
d'un capot et d'une grille faite d'un matériau inoxydable.
Réseau de conduits
La conception et l'installation du réseau de conduits (figure 10)
devraient respecter les principes suivants:
- Les tracés des conduits devraient être le plus court possible, afin
de limiter la résistance à la circulation de l'air et la propagation du
bruit.
- Il faudrait employer les pièces de fixation, les coudes et les
raccords qui conviennent dans tout le réseau.
- Les conduits doivent être d'une dimension appropriée à leur longueur
et au débit à assurer.
- Il faudrait éviter autant que possible d'employer des conduits
flexibles et garder le nombre de coudes au minimum, afin de limiter la
résistance à la circulation de l'air et la propagation du bruit.
- Les conduits principaux devraient être munis de registres afin de
faciliter le réglage du fonctionnement de l'installation.
- Le réseau devrait être fait d'un matériau incombustible.
- Les conduits d'évacuation devraient déboucher directement sur
l'extérieur et non dans un espace clos, tels un vide sous toit ou un
vide sanitaire.
Figure 10 Réseau de conduits
Ventilateurs
La sélection et l'installation de ventilateurs devraient respecter les
principes suivants:
- Il faudrait employer des ventilateurs silencieux (c'est-à-dire à
indice de bruit inférieur à 2,0 sones). En règle générale, les
ventilateurs centrifuges sont les plus silencieux.
- Tout ventilateur devrait être monté sur des supports antivibratiles
et relié au réseau de conduits à l'aide d'un raccord flexible, afin
d'éviter la transmission du son à la structure du bâtiment ou dans le
réseau.
- Le Code national du bâtiment du Canada prescrit l'emploi de
ventilateurs à capacité nominale convenant à un écart de pression de 25
Pa. La dimension des ventilateurs devrait par ailleurs tenir compte de
la chute de pression se produisant dans le réseau de conduits.
- Il faudrait placer les ventilateurs aussi loin que possible des
endroits tranquilles, comme les bureaux particuliers, les chambres à
coucher et les bibliothèques.
Composants de l'installation de ventilation -
Généralités
On devrait en outre s'inspirer des principes généraux suivants dans le
cadre de la conception et de l'installation:
- Les conduits de distribution d'air frais devraient être isolés et
enveloppés d'une membrane pare-vapeur; les conduits d'évacuation
traversant un espace non chauffé devraient être isolés à l'aide d'un
matériau de résistance thermique minimale RSI 0,4 (R 2) pour empêcher la
formation de condensation.
- Les diffuseurs d'air d'alimentation et les grilles de reprise d'air
devraient être situés de manière à en favoriser l'efficacité et à
limiter les courants d'air. Ainsi, il faudrait placer les grilles de
reprise aussi haut que possible sur les murs intérieurs, afin de
faciliter la circulation naturelle de l'air.
- Les hottes aspirantes et les sécheuses ne devraient pas être
raccordées à un conduit de redistribution de l'air; leur sortie devrait
aboutir directement à l'air libre.
- Il faudrait munir les portes intérieures d'une grille ou ménager un
espace de 40 mm à leur base, afin de permettre une circulation adéquate
de l'air dans les pièces où il n'y a pas de grille d'alimentation ou de
reprise d'air.
- Les conduits d'évacuation des servant une cuisine devraient être
dotés d'un filtre à graisses à l'entrée ou être installés de manière
qu'on puisse les nettoyer sur toute leur longueur.
Sommaire - Arbre décisionnel gouvernant le choix d'une installation
de ventilation mécanique
L'arbre décisionnel reproduit à la figure 11 résume une bonne part de
l'exposé qui précède et aidera à choisir l'installation de ventilation qui
convient à un petit bâtiment. Il suppose qu'on accorde la priorité à la
santé des occupants d'abord, puis à la durabilité du bâtiment. Il ne tient
pas compte des économies d'énergie, puisque les avantages financiers à
tirer de cette considération dépendent fortement du prix de l'énergie,
lequel varie selon l'endroit visé.
Figure 11 Arbre décisionnel gouvernant le choix d'une installation
de ventilation mécanique
En fait, c'est probablement le choix de l'installation de chauffage qui
constitue la décision financière la plus importante. Si on a opté pour un
chauffage à air chaud puisé, la majeure partie de l'investissement
occasionné par l'installation de ventilation a déjà été fait, car on a
déjà l'installation de distribution. Lorsque le bâtiment doit être équipé
d'un appareil de combustion à tirage naturel (générateur d'air chaud,
chauffe-eau ou foyer à feu ouvert), les solutions viables sont
l'installation d'alimentation centrale, lorsque la charge d'humidité n'est
pas élevée et ne risque pas de causer trop de problèmes de condensation,
ou l'installation d'alimentation et d'extraction équilibrée.
Si on n'a pas l'intention d'installer un appareil de combustion sujet à
des refoulements de gaz de combustion, il faut voir ensuite si
l'infiltration de gaz se dégageant du sol risque de poser un problème.
Lorsque le sol est riche en radon, en méthane ou en autres contaminants,
il faut bloquer l'infiltration de ces gaz ou, à tout le moins, ne pas la
favoriser par l'installation de ventilation, comme on le ferait en optant
pour une installation à simple extraction. Par ailleurs, si le bâtiment
est aussi soumis à de fortes charges d'humidité, une installation à simple
alimentation provoquera vraisemblablement l'infiltration de l'humidité
dans la structure du bâtiment. Il vaudrait donc mieux choisir une
installation de ventilation équilibrée. Toutefois, si la charge d'humidité
ne pose pas de problème, on pourrait opter pour une installation à simple
alimentation, qui ferait activement obstacle à l'infiltration des gaz se
dégageant du sol.
Lorsque l'infiltration des gaz se dégageant du sol ne pose pas de
problème, la seule préoccupation qui demeure a trait à l'infiltration
d'humidité dans l'enveloppe du bâtiment. Dans ce cas, une installation à
simple extraction convient très bien, d'une part, car elle s'oppose
activement au passage de l'humidité de l'air ambiant aux vides des murs et
du toit, et, d'autre part, car elle est indiquée quelle que soit
l'humidité relative intérieure. L'installation de ventilation équilibrée
peut diminuer l'humidité de l'air du bâtiment et donc réduire
indirectement les risques de problèmes d'humidité dans les murs et dans le
toit.
Si on suggère ici l'installation à simple extraction ou à simple
alimentation de préférence à l'installation équilibrée, c'est qu'elles
sont en général moins coûteuses que cette dernière. Toutefois, si le prix
est une considération moins importante que les autres, mieux vaut opter
pour une installation équilibrée, car elle assure une excellente
distribution de l'air, subit aisément les changements climatiques et offre
généralement une plus grande fiabilité et un meilleur taux de
renouvellement d'air.
Annexe
Apport des infiltrations d'air au taux global de renouvellement
d'air
À moins que le bâtiment ne soit parfaitement étanche, les fuites d'air
contribuent presque toujours au taux global de renouvellement d'air. Cet
apport peut être particulièrement important au cours de la saison froide,
pendant laquelle l'effet de tirage est prononcé. Comme on l'a vu
précédemment4, les fuites d'air relevées dans les maisons
démontrent bien ce fait et peuvent, dans plusieurs cas, fournir la
totalité du taux de renouvellement d'air exigé par le Code national du
bâtiment du Canada.
Bien que le CNB stipule que l'installation de ventilation mécanique
doit pouvoir répondre à la totalité des besoins de ventilation du
bâtiment, il n'exige pas que l'installation fonctionne toujours à plein
régime. On peut donc faire fonctionner l'installation mécanique à une
allure réduite lorsque les infiltrations d'air assurent une partie de la
ventilation nécessaire. Un moyen très simple consiste à employer un
ventilateur à débit réglable dont le régime maximal correspond aux
exigences de ventilation globale. Lorsque les fuites d'air assurent une
partie de la ventilation, le ventilateur peut fonctionner à débit réduit.
Voici deux méthodes qui permettront au concepteur ou au gérant du bâtiment
de calculer le débit réduit admissible du ventilateur.
Installation équilibrée
Pour employer le graphique reproduit à la figure A114, il
faut avoir mesuré ou estimé avec exactitude l'étanchéité à l'air du
bâtiment. On repère ensuite le débit de renouvellement d'air de calcul
minimal exigé par le CNB, parmi les valeurs indiquées sur l'axe
horizontal. Puis, on trace un trait vertical jusqu'à l'intersection de la
courbe représentant l'étanchéité du bâtiment. Un trait horizontal alliant
de ce point d'intersection à l'axe vertical permet alors d'établir le
débit d'air requis en hiver, en renouvellements d'air par heure (ra/h).
Figure A1 Graphique de calcul du débit de ventilation réduit en
hiver pour une installation équilibrée
La figure A1 reproduit l'exemple d'une installation équilibrée mise en
place dans un bâtiment à indice d'étanchéité de 1,0 ra/h à 10 Pa, exigeant
un débit global de 0,3 ra/h. D'après la figure, l'installation pourrait
fonctionner à un débit de 0,12 ra/h en hiver.
Installation à simple extraction
La figure A2 vise les installations à simple extraction. Elle comporte
une caractéristique qui la distingue nettement du graphique applicable à
l'installation équilibrée. Les courbes d'étanchéité s'y terminent sur un
trait discontinu marquant le débit limite d'une installation de
ventilation à simple extraction pour éviter le refoulement des gaz de
combustion qu'entraînerait une dépressurisation excessive du bâtiment. On
remarquera que plus le bâtiment est étanche, plus cette limite s'abaisse.
L'installation à simple extraction est tributaire des infiltrations d'air
par l'enveloppe du bâtiment pour remplacer l'air de compensation. Or, si
ces infiltrations sont aussi la seule source d'admission d'air de
compensation, elles ne peuvent assurer un surplus de ventilation notable.
Cet effet s'accentue avec l'étanchéité du bâtiment.
Figure A2 Graphique de calcul du débit de ventilation réduit en
hiver pour une installation à simple extraction
La figure A2 illustre le même cas que la figure précédente, soit un
bâtiment à indice d'étanchéité mesuré de 1,0 ra/h sous une pression de 10
Pa, mais d'un débit de renouvellement d'air de calcul de 0,5 ra/h. En
hiver, l'installation à simple extraction devrait donc fonctionner à un
débit de 0,4 ra/h.
Comme on le constate, les deux installations ont un effet différent.
L'action des infiltrations permet de réduire le régime de l'installation
équilibrée de jusqu'à 60 % en hiver, alors qu'on peut couper celui de
l'installation à simple extraction de seulement 20 %.
Références
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of Detached Houses in the Saskatoon Area ». Note d'information de
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- Haysom, J.C., J.T. Reardon et R. Monsour, « 1989 Survey of
Airtightness of New, Merchant Builder Houses ». Proceedings of the
5th International Conference on Indoor Air Quality and Climate - Indoor
Air '90,Toronto, 29 juillet - 3 août 1990.
- Reardon, J.T., Air Infiltration Modelling Study. Rapport
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l'Institut de recherche en construction, Conseil national de recherches
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- Code national du bâtiment du Canada 1990,
Comité associé du
Code national du bâtiment du Canada, Conseil national de recherches
Canada, Ottawa, 1990.
- ASHRAE, 1989 ASHRAE Handbook of Fundamentals, Atlanta,
American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning
Engineers, 1989.
- ASHRAE, 1988 ASHRAE Handbook Equipment, Atlanta, American
Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers, 1988.
- ASHRAE, 1987 ASHRAE Handbook HVAC Systems and Applications,
Atlanta, American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning
Engineers, 1987.
- «Thermal Environmental Conditions for Human Occupancy», Atlanta,
American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning
Engineers, norme n° 55-181,1981.
- «Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality», Atlanta, American
Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers, norme
n° 62-1989, 1989.
- Residential Air System Design, Islington (Ontario), Institut
canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération,
décembre 1986.
- «Ventilation des habitations», Rexdale (Ontario), Association
canadienne de normalisation, norme préliminaire F326.1 -M 1989, janvier
1989.
- Comment se conformer aux exigences de ventilation des bâtiments
résidentiels du Code national du bâtiment,
Société canadienne
d'hypothèques et de logement, Bureau national, version préliminaire,
Ottawa, mai 1990.
- Shaw, C.Y., « Ventilation mécanique et pression d'air dans les
maisons »,Digest de la construction au Canadan n° 245F, Institut
de recherche en construction, Conseil national de recherches Canada,
Ottawa, mai 1987.
Cet article faisait partie de la documentation technique produite
dans le cadre du Regard 90 sur la science du bâtiment intitulé «Les petits
bâtiments : Une technologie en transition», série de colloques présentés
dans d'importantes villes canadiennes en 1990.

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