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Introduction
Chauffage,
ventilation et climatisation,
régulation des conditions ambiantes à
l'intérieur de bâtiments, à des fins
industrielles, d'hygiène ou de confort.
Le chauffage consiste à maintenir à une
certaine température une enceinte
plongée dans une ambiance extérieure
plus froide et à température variable.
La ventilation, seule ou combinée à un
système de chauffage ou de
climatisation, contrôle à la fois
l'alimentation et l'évacuation de l'air
à l'intérieur d'espaces fermés, afin
d'éliminer les odeurs et de fournir
suffisamment d'oxygène aux occupants. La
climatisation contrôle l'environnement
intérieur d'un espace, c'est-à-dire sa
température, son humidité, la
circulation de l'air et sa pureté, pour
les occupants ou les matériaux
industriels qui y sont manipulés ou
stockés.
La chaleur nécessaire au chauffage est
fournie par différentes méthodes :
combustion de composés solides, liquides
ou gazeux, transformation directe ou
indirecte d'énergie électrique
(chauffage électrique) ou d'énergie
naturelle (énergies solaire, éolienne,
géothermique) en chaleur. Le procédé de
chauffage domestique peut être direct
— les sources de chaleur transmettent la
chaleur surtout par rayonnement — ou
indirect — distribution de la chaleur à
partir d'un point central. Dans le
premier cas, on utilise par exemple une
cheminée ou un poêle. Dans le second
cas, un système central distribue la
chaleur transportée par un fluide
caloporteur — vapeur, eau ou air — à
toutes les pièces concernées, par des
gaines ou des canalisations. Il s'agit
du chauffage central.
Le premier moyen de chauffage était le
feu, que les hommes utilisaient pour
chauffer leurs demeures. Les poêles et
les différents types de braseros, dont
l'invention est attribuée aux Romains,
sont encore employés un peu partout dans
le monde. Le choix d'un système de
chauffage doit tenir compte des pertes
de chaleur de l'intérieur vers
l'extérieur. Ils sont donc liés à
l'isolation thermique du bâtiment et à
la différence de température entre
l'intérieur et l'extérieur. Selon les
besoins et l'occupation des locaux, le
chauffage peut être continu — les
températures sont maintenues constantes
pendant toute la période de chauffe,
jour et nuit — ou discontinu.
Chauffage central
Les dispositifs de chauffage central
furent conçus par les Romains. Au début
du
XIXe siècle,
on employa, à petite échelle, un type de
chauffage centralisé à l'eau chaude. Le
premier système central efficace, mis au
point en 1835, était à air chaud!; le
chauffage à la vapeur fut inventé vers
1850.
Principe
Les systèmes de chauffage central
fournissent de la chaleur à partir d'une
ou de plusieurs chaudières à un seul
bâtiment ou à un groupe d'habitations.
Le terme chauffage urbain s'applique aux
systèmes dans lesquels un grand nombre
d'immeubles sont alimentés en vapeur par
une salle de chaudières centrale gérée
par un service public.
La chaleur est véhiculée par la vapeur
d'eau, l'eau chaude ou l'air (fluides
caloporteurs), par effet de thermosiphon
— circulation naturelle due à des
différences de densité, ou par des
moyens mécaniques —, ventilateur ou
pompe (circulation forcée). La chaleur
est ensuite transmise par convection à
des éléments tubulaires, les corps de
chauffe (radiateurs ou convecteurs).
Installations
Les systèmes à eau chaude ou à vapeur
sont constitués d'une ou de plusieurs
chaudières, générateurs de vapeur d'eau
ou d'eau chaude, reliées aux corps de
chauffe, qui sont connectés entre eux.
Les installations à air chaud ne sont
pas équipées de corps de chauffe.
Chaudières
Les chaudières des systèmes de chauffage
sont en général alimentées par des
combustibles, tels que le fioul, le gaz
ou le charbon. En brûlant, le
combustible chauffe des pièces
métalliques, qui transfèrent la chaleur
à de l'eau, de la vapeur ou même de
l'air.
Le fonctionnement de la plupart des
chaudières est contrôlé automatiquement
et à distance par des thermostats. Dans
les chaudières au fioul et au gaz, la
chaleur est régulée par des brûleurs,
qui peuvent être asservis par un
thermostat. Les chaudières à
combustibles solides présentent un
inconvénient : on doit les alimenter en
combustible assez fréquemment. En outre,
l'évacuation des cendres du chargeur ou
du foyer est indispensable. Le foyer de
combustion et la chaudière sont
généralement enfermés dans une enveloppe
isolée. Voir aussi Chaudière.
Corps de chauffe
Les corps de chauffe sont des unités
d'émission de chaleur, qui diffusent
dans les pièces la chaleur produite par
un système de chauffage. Ce sont des
radiateurs, des convecteurs, des
panneaux rayonnants ou des plinthes
chauffantes. Les radiateurs ordinaires
sont constitués d'une série de grilles
ou d'anneaux en fonte, de superficie
totale relativement importante. 30 à
40 p. 100 de la chaleur est cédée à la
pièce par rayonnement, le reste, par
convection naturelle.
Les convecteurs sont composés d'un
réseau de tubes plats en acier ou en
métal non ferreux. Ils sont placés dans
des appareils clos, conçus pour
permettre une circulation de l'air.
Ainsi, la chaleur est fournie en grande
partie par convection, en général
forcée. En effet, les magasins, les
entrepôts et les usines sont souvent
équipés de ventilateurs électriques qui
véhiculent l'air vers les convecteurs.
Chauffage par
rayonnement
La chaleur est fournie en partie par
rayonnement dans tous les systèmes de
chauffage direct. Cependant, le terme
chauffage par rayonnement s'applique
couramment aux systèmes de panneaux
rayonnants, dans lesquels les planchers,
les murs ou les plafonds servent
d'unités d'émission de chaleur (ce fut
le cas, jadis, dans les hypocaustes
romains). Lors de la construction du
bâtiment, des tuyaux, où circulent de la
vapeur ou de l'eau chaude, sont placés
dans les murs ou dans les sols.
Contrairement au chauffage qui emploie
des radiateurs ou des convecteurs, le
chauffage par rayonnement assure une
température uniforme de l'air des
pièces, avec un coût de fonctionnement
relativement bas. Le panneau se
différencie des autres corps de chauffe
par l'étendue et la basse température de
sa surface. Ainsi, les dispositifs à
panneaux sont dits à chaleur diffuse.
Systèmes à eau
chaude
Les installations de chauffage central à
eau chaude sont constituées d'une ou de
plusieurs chaudières connectées à des
corps de chauffe, en général des
radiateurs. L'eau chaude, générée par la
ou les chaudières, est amenée par des
tuyaux jusqu'aux corps de chauffe dans
les différentes pièces. Les
installations à eau chaude, les plus
utilisées, permettent de contrôler
facilement la température du fluide
caloporteur en fonction des conditions
extérieures.
Distribution de
l'eau
Il existe des systèmes à un ou deux
tuyaux. Dans le premier dispositif,
l'eau, pénétrant par le côté
d'alimentation de la canalisation
principale dans chaque corps de chauffe,
circule dans ceux-ci et est évacuée par
le même tuyau. Ainsi, l'eau se refroidit
en s'éloignant de la chaudière. Par
conséquent, pour fournir la même
quantité de chaleur, les corps de
chauffe les plus éloignés de la
chaudière doivent avoir des dimensions
supérieures à celles des autres
radiateurs.
Le système à deux tuyaux est muni d'une
canalisation servant au départ de l'eau
chaude de la chaudière vers les
radiateurs, et d'une autre pour le
transport du fluide des radiateurs à la
chaudière. Ce dispositif est par
conséquent plus efficace et plus facile
à contrôler que le précédent. La
distribution de l'eau dans les corps de
chauffe peut s'effectuer par la partie
supérieure de l'installation
(distribution en parapluie) : les
canalisations d'amenée sont alors
placées dans les combles, et celles de
retour, dans le sous-sol. L'installation
peut également fonctionner avec une
distribution inférieure : les
canalisations d'amenée et de retour sont
placées dans le sous-sol. C'est
actuellement le système le plus répandu.
Dans les deux dispositifs, un vase
d'expansion, ouvert ou clos, est
nécessaire pour compenser les variations
de volume de l'eau. Le circuit est
ouvert ou fermé, selon que le vase
d'expansion, situé au sommet de
l'installation, est en communication ou
non avec l'atmosphère. Dans le premier
cas, le dispositif est à basse
pression!; dans le second cas, il est à
haute pression ou à eau surchauffée, et
est employé pour chauffer des locaux de
grande superficie ou pour véhiculer la
chaleur sur des distances importantes.
Circulation de
l'eau
Dans les systèmes à basse pression, la
circulation de l'eau était autrefois
provoquée par une différence de densité
(circulation naturelle). Dans un tel
système, les corps de chauffe
(radiateurs) sont placés au-dessus de la
chaudière. Ce dispositif nécessite un
grand volume d'eau, ce qui implique une
grande inertie et une mise en régime
longue. De plus, on peut difficilement
réguler son fonctionnement.
Dans les dispositifs à circulation
forcée, la circulation est régie par une
pompe qui accélère le mouvement du
fluide. Ce système est plus facile à
utiliser que le dispositif précédent!;
il nécessite également moins d'eau
(inertie moins grande) et des tuyaux de
diamètre inférieur.
Systèmes à vapeur
Le chauffage central à vapeur utilise le
principe suivant : lorsque la vapeur
d'eau se condense, elle dégage de la
chaleur due à son refroidissement, ainsi
que des calories provenant de sa
transformation en eau (chaleur latente).
Les installations sont semblables à
celles du chauffage central à eau
chaude : on trouve des systèmes à basse
pression (seuil réglementaire de 0,5 bar
en France) et à haute pression
(supérieur de 1 à 2 bars à la pression
atmosphérique). La vapeur à haute
pression est rarement admise dans les
corps de chauffe (réglage difficile,
écoulement bruyant, danger en cas de
fuite). En fait, on l'utilise surtout
pour le transport de la chaleur à longue
distance, comme pour le chauffage
urbain, un détendeur permettant ensuite
de passer à de la vapeur basse pression,
distribuée dans les bâtiments à
chauffer.
Les deux aménagements, à un et à deux
tuyaux, sont employés pour la
circulation de la vapeur et pour le
retour de l'eau formée par condensation
vers la chaudière. Il existe trois types
principaux de dispositifs à vapeur :
systèmes à prise d'air, par vaporisation
et systèmes à vide, ou à pompe
mécanique.
Système à prise
d'air
Le système à évent (canal d'aération) à
un tuyau utilise la gravité pour
provoquer l'écoulement du condensat du
corps de chauffe vers la chaudière.
C'est le système le moins coûteux à
installer, mais les tuyaux doivent avoir
un diamètre assez important pour
recevoir simultanément la vapeur et le
condensat. Les prises d'air de chaque
radiateur permettent l'évacuation de
l'air éjecté hors du radiateur par la
vapeur pendant la période de réchauffage
et au cours du fonctionnement.
Système par
vaporisation
Le système par vaporisation est équipé
de deux tuyaux. La vapeur pénètre dans
le corps de chauffe par une soupape
d'admission. L'air et le condensat sont
amenés vers le tuyau de retour par un
purgeur de vapeur situé sur le corps de
chauffe. Le condensat est réintroduit
dans le radiateur, et l'air est évacué
par une bouche d'aération centrale
située au sous-sol ou, dans les plus
grandes installations, par des bouches
d'aération associées à chaque secteur
chauffé. Un système par vaporisation,
bien que plus coûteux à installer que le
système à un seul tuyau, est plus
économique, car il peut fonctionner sur
un cycle de basse combustion et requiert
ainsi moins de combustible.
Système sous vide
Les systèmes de chauffage sous vide sont
semblables aux systèmes de chauffage par
vaporisation. Chaque radiateur est
équipé d'une soupape d'admission et d'un
purgeur de vapeur. Les systèmes sous
vide sont, en plus, équipés d'une pompe
à vide dans la canalisation de retour.
Celle-ci maintient un vide partiel dans
le dispositif : la vapeur, l'air et le
condensat circulent ainsi plus
facilement. Le condensat et l'air
retournent vers un point central, où le
condensat est aspiré et renvoyé vers la
chaudière, puis l'air est évacué à
l'extérieur. Dans un système sous vide
total, il n'est pas nécessaire de
réinjecter le condensat par gravité. Les
radiateurs peuvent par conséquent être
indifféremment situés au-dessus ou sous
la chaudière.
Système à air
chaud
Constitution
Le système à air chaud le plus simple
est constitué d'un foyer et d'un tuyau
d'évacuation pour le gaz rejeté, tous
deux situés dans une enveloppe de tôle.
Le dispositif est également équipé de
conduits menant aux différentes pièces.
Pour assurer une circulation naturelle
de l'air chaud qui tend à s'élever, la
chaudière est en général installée au
sous-sol de la maison (circulation
naturelle). L'air froid, provenant de
l'intérieur ou de l'extérieur de la
maison, est admis dans un compartiment
situé entre le foyer et l'enveloppe,
puis est chauffé par contact avec les
surfaces très chaudes de la chaudière.
En général, celle-ci est équipée d'une
cuve d'eau, sur laquelle l'air chaud
passe pour être humidifié avant de
circuler dans la maison. Après avoir été
chauffé, l'air est amené par les
conduites jusqu'aux grilles ou registres
individuels (plaques mobiles), situés
dans chaque pièce. Les grilles ou
registres sont ouverts ou fermés pour
contrôler la température des pièces.
Contrairement aux systèmes de chauffage
à eau chaude ou à vapeur, celui à air
chaud ne nécessite pas de corps de
chauffe.
Circulation de
l'air
Le problème principal dans les systèmes
à air chaud est l'obtention d'une
circulation d'air adéquate. Pour
chauffer convenablement une maison, les
conduites d'air chaud doivent avoir un
diamètre relativement grand!; elles
doivent être connectées à la chaudière
et être correctement isolées pour éviter
les pertes de chaleur.
Dans un système à air pulsé (circulation
forcée), un ventilateur ou un souffleur
d'air est placé dans l'enveloppe de la
chaudière. Un tel système assure la
circulation d'une grande quantité d'air,
même dans des conditions défavorables.
Des filtres à poussière peuvent être
installés pour nettoyer l'air.
Lorsqu'ils sont associés à des éléments
refroidissants, humidificateurs et
déshumidificateurs, les systèmes à air
pulsé sont efficaces pour le chauffage
et le refroidissement.
Chauffage
électrique
On utilise souvent l'électricité pour le
chauffage des résidences privées et des
édifices publics, en raison du faible
coût de l'installation. Les systèmes de
chauffage électrique sont plus
pratiques, plus propres et nécessitent
moins de place que les dispositifs à
combustion. Cependant, ils sont
généralement plus coûteux.
La chaleur peut être dispensée par des
résistances électriques en spires ou en
bandes, placées par exemple dans les
convecteurs installés sur les murs ou
sous les fenêtres. Ce système est appelé
chauffage électrique intégré. La chaleur
est produite directement par effet
Joule, ou indirectement par induction.
Des éléments ou des fils chauffants
peuvent même être incorporés dans les
plafonds ou les planchers pour produire
une chaleur modérée (chauffage par
rayonnement). Le coût total du chauffage
électrique peut être réduit de façon
substantielle par l'utilisation d'un
système de pompe à chaleur. On trouve
également des systèmes de chauffage
central, dans lesquels de l'eau est
chauffée au moyen de résistances
électriques. Des dispositifs qui
émettent un rayonnement spécifique,
comme dans un four à micro-ondes, qui
permet de chauffer directement les
molécules d'air en les faisant
«!vibrer!», ont été conçus récemment.
Chauffage solaire
Énergie solaire
Pendant la journée, la surface de la
Terre reçoit une quantité importante
d'énergie solaire (environ 0,9 kW/h/m2).
L'énergie reçue varie avec l'heure du
jour, l'époque de l'année, la latitude,
la couverture nuageuse de l'atmosphère
et la direction de la surface absorbante
par rapport au Soleil. Il s'agit d'une
énergie renouvelable, d'origine
naturelle et inépuisable. Elle peut
suffire pour chauffer un bâtiment bien
conçu, à condition que ce dernier soit
équipé d'une surface absorbante
suffisante, et qu'on puisse stocker
suffisamment de chaleur pour alimenter
le bâtiment pendant les périodes
d'obscurité et de mauvais temps.
Installations
En général, on place des panneaux
solaires sur le toit, ainsi que des
circuits dans lesquels circulent un
fluide (eau, air, ammoniac). Le fluide
caloporteur, généralement de l'eau,
chauffé par le Soleil, s'écoule ensuite
vers des réservoirs ou des bassins
isolés dans la maison. Cette eau fournit
la chaleur au bâtiment. Dans des climats
plus froids, une source de chaleur
supplémentaire est souvent prévue.
Certains systèmes à chauffage solaire
fonctionnent avec succès dans de
nombreux pays, en particulier dans les
régions où le climat n'est pas
excessivement froid. Une bonne
répartition du vitrage dans une maison
peut également réduire considérablement
les besoins de chauffage par effet de
serre. Il existe d'ailleurs des systèmes
qui n'utilisent que des verrières et une
pompe à chaleur. Les habitations du
Milton Keynes Energy Park, dans le sud
de l'Angleterre, sont toutes alimentées
par l'énergie solaire.
Plus récemment, des panneaux solaires
composés de cellules photovoltaïques ont
été utilisés pour produire de
l'électricité, permettant d'alimenter un
chauffage électrique intégré ou de
chauffer de l'eau redistribuée dans
l'habitation. Les expériences de fours
solaires (collecteur solaire à
concentration optique), dans lesquels le
rayonnement solaire est focalisé sur un
corps noir à l'aide d'une série de
miroirs éventuellement mobiles, n'ont
pas, jusqu'à présent, été concluantes du
fait de leur coût d'installation et
d'entretien.
On distingue les systèmes de chauffage
solaire «!naturels!» (ou passifs) et les
systèmes «!mécanisés!» (ou actifs). Les
premiers font appel à des moyens
naturels de transmission de l'énergie,
comme la convection, la conduction et le
rayonnement!; les seconds emploient des
dispositifs mécaniques, tels que des
pompes ou des ventilateurs.
Chauffage
thermodynamique
Le chauffage thermodynamique emploie une
pompe à chaleur, ou thermopompe,
dispositif conçu pour chauffer ou
refroidir une pièce, les mécanismes de
ces deux procédés étant semblables. Au
lieu de fournir de la chaleur, comme le
ferait une chaudière, la pompe extrait
et transporte la chaleur d'un endroit à
un autre. C'est une machine frigorifique
qui fonctionne en quelque sorte à
l'envers. Un liquide réfrigérant est
envoyé dans un serpentin situé à
l'extérieur de la zone à chauffer. Le
réfrigérant est très froid : il se
vaporise en absorbant la chaleur de
l'air extérieur, du sol, de l'eau de
puits ou de toute autre source plus
chaude. Le liquide réfrigérant vaporisé
est ensuite véhiculé vers un détendeur
qui abaisse sa pression, puis est
injecté dans un condenseur, où il libère
de la chaleur par condensation. Il est
enfin amené vers un compresseur, où il
est totalement liquéfié et où sa
température est abaissée, avant d'être
réintroduit dans le cycle par le
serpentin extérieur. Pour climatiser un
espace, des vannes inversent le sens de
l'écoulement : le réfrigérant transporte
la chaleur de l'intérieur vers
l'extérieur. Comme les chaudières, la
plupart des pompes à chaleur sont
régulées par des thermostats.
Dans la plupart des pompes à chaleur,
l'air atmosphérique sert de source de
chaleur. Cela est difficile à réaliser
dans les zones où les températures
hivernales sont souvent inférieures à
0!°C : élever la température et la
pression du réfrigérant devient
problématique. On peut alors utiliser la
pompe à chaleur géothermique. Pour un
fonctionnement économique du chauffage,
la quantité de chaleur libérée doit être
supérieure au double de celle absorbée.
On trouve les systèmes de pompe à
chaleur dans les résidences, les
édifices commerciaux ou les écoles.
Objectifs
Les installations de ventilation servent
surtout à assurer l'hygiène des hommes
et des animaux dans les locaux qu'ils
occupent. Les habitations et les bureaux
doivent être ventilés pour renouveler
l'oxygène, maintenir un équilibre de la
concentration du gaz carbonique. La
ventilation permet également de réduire
la chaleur, les odeurs désagréables et
l'humidité, d'évacuer les fumées de
cigarette. Dans une usine ou une
raffinerie, les systèmes de ventilation
évacuent les contaminants dangereux
contenus dans l'air. De nombreux
procédés chimiques industriels génèrent
des vapeurs nocives qui doivent être
éliminées du lieu de travail. Ce sont en
particulier les ingénieurs chimistes qui
conçoivent ces systèmes de ventilation.
L'air atmosphérique contient environ
21 p. 100 d'oxygène et des traces de gaz
carbonique (0,03 p. 100), mais l'air
expiré par l'Homme ne contient plus que
16 p. 100 d'oxygène et 4 p. 100 de gaz
carbonique. Lorsqu'un appareil de
chauffage à combustible (poêle, par
exemple) est placé dans un local clos,
les quantités de gaz carbonique et de
monoxyde de carbone (CO) émises
pourraient provoquées, à terme,
l'asphyxie des occupants : la
ventilation de la pièce est donc
nécessaire.
Principe
Pour aérer un bâtiment, le moyen le plus
simple est la ventilation naturelle, qui
utilise la différence de pression entre
l'intérieur de l'édifice, la façade
exposée au vent et celle qui est à
l'abri. Cette différence de pression
engendre une entrée d'air. Selon ce
principe, la ventilation dans les locaux
d'habitation ou les bureaux est
généralement assurée par une perte d'air
à travers de petits interstices dans les
murs des bâtiments, en particulier
autour des fenêtres et des portes. Pour
aérer un local, on ménage une ouverture
dans sa partie basse (en dépression) et
dans sa partie haute (en surpression) :
il y a appel d'air. Ainsi, si la
température extérieure est inférieure à
l'extérieur de la pièce, l'air pénètre
par l'ouverture basse et sort par
l'ouverture haute. Ce système de
ventilation est parfois assuré par une
série de conduits insérés dans les murs,
terminés par des bouches d'aération et
éventuellement équipés de filtres. Mais
une telle ventilation est parfois
insuffisante et dépend en partie des
conditions atmosphériques, variables. De
plus, l'air «!frais!» arrivant par le
bas, cette technique est peu conforme
aux règles d'hygiène et peu confortable
pour les occupants de la pièce. C'est
pourquoi les locaux sont presque
toujours équipés de systèmes de
ventilation plus élaborés.
Les ingénieurs estiment que, pour une
ventilation adéquate, l'air d'une pièce
doit être totalement renouvelé de deux à
trois fois par heure. Pour assurer une
telle ventilation, il est généralement
nécessaire d'équiper les locaux de
dispositifs mécaniques permettant
d'augmenter le débit naturel de l'air.
Il s'agit alors d'une ventilation
forcée.
Dispositifs
Les dispositifs de ventilation simples
comportent des ventilateurs — qui
soufflent ou aspirent de l'air dans un
local — ou des ventilateurs soufflants,
de type hélicoïde ou centrifuge, conçus
pour rejeter l'air vicié à l'extérieur
ou pour aspirer de l'air frais et le
diffuser à l'intérieur du bâtiment. Des
gaines de transport équipées de bouches
de soufflage ou d'extraction assurent
l'injection et l'éjection de l'air. Les
ventilateurs hélicoïdes sont équipés de
lames métalliques, ou pales, mises en
mouvement par un moteur électrique.
L'air est soufflé dans la direction de
l'axe de rotation des pales. Les
ventilateurs centrifuges sont constitués
d'une turbine à aspiration centrale et à
refoulement radial. Ils sont utilisés
pour injecter de l'air dans les systèmes
d'aération.
Les systèmes de ventilation peuvent être
associés à des appareils de chauffage,
des filtres, des régulateurs d'humidité
ou des dispositifs de refroidissement.
De nombreux systèmes comportent des
échangeurs de chaleur. Ceux-ci utilisent
l'air sortant pour réchauffer ou
refroidir l'air entrant, augmentant
ainsi l'efficacité du système, en
réduisant la quantité d'énergie
nécessaire à son fonctionnement.
La climatisation est la création et le
maintien d'un air ambiant dont la
température, l'humidité et la pureté
sont contraintes. Un système de
climatisation est constitué d'un
dispositif centralisé, qui produit une
atmosphère contrôlée à tout moment,
quelles que soient les conditions
climatiques. Cependant, le terme
climatisation est souvent appliqué
improprement au refroidissement de
l'air. Dans ce cas, les dispositifs de
«!climatisation!» sont simplement des
unités de réfrigération équipées d'un
ventilateur, qui fournissent uniquement
un débit d'air froid filtré. De même, le
terme climatiseur désigne généralement
des appareils autonomes de faible
dimension et générant de l'air froid.
Principe
Certains procédés de fabrication, tels
que la production du papier et des
textiles, nécessitent une climatisation
pour le contrôle des conditions de
fabrication. En général, elle consiste à
ajuster l'humidité de l'air distribué.
Lorsque de l'air sec est requis, l'air
est déshumidifié par refroidissement ou
déshydratation. Dans ce dernier procédé,
il circule dans des chambres contenant
des produits chimiques adsorbants, tels
que le gel de silice (oxyde de
silicium). L'air est humidifié en
passant dans des bains d'eau ou des
vaporisateurs. Lorsque l'air doit être
exempt de poussière, comme cela est
nécessaire pour la fabrication de
certains médicaments, de
microprocesseurs ou encore d'équipements
médicaux, le système de climatisation
est équipé d'un filtre spécial. L'air
passe dans des vaporisateurs d'eau ou,
pour certains filtres, dans un réseau de
plaques huilées. Dans d'autres cas, la
poussière est éliminée au moyen de
filtres électrostatiques.
Des systèmes de climatisation
centralisés, offrant un contrôle complet
du chauffage, du refroidissement et de
la ventilation, sont employés dans les
magasins, les restaurants, les cinémas,
les théâtres et d'autres édifices
publics. De tels dispositifs, de par
leur complexité, doivent généralement
être installés lors de la construction
du bâtiment. Ces dernières années, ils
ont été progressivement automatisés dans
un souci d'économie d'énergie. Les vieux
immeubles, les appartements individuels
ou les bureaux peuvent être équipés d'un
élément réfrigérant, de ventilateurs, de
conduites d'air ou d'un collecteur
d'air, dans lequel l'air de l'intérieur
du bâtiment est mélangé à l'air
extérieur. De telles installations
peuvent être utilisées pour le
refroidissement et la déshumidification
pendant les mois d'été, et le système de
chauffage régulier sert pendant l'hiver.
Dans un système de climatisation, l'air
est refroidi au moyen d'un générateur de
froid. Le gaz traverse un échangeur dans
lequel circule un liquide froid (eau,
par exemple). On peut également utiliser
des machines frigorifiques à compression
ou à absorption, qui emploient un
liquide frigorigène tel que l'ammoniac,
le dioxyde de carbone ou le Fréon
— composé de chlore, de fluor et de
carbone —, bien que son utilisation soit
maintenant déconseillée (voire
interdite), en raison de son impact
destructeur sur la couche d'ozone
atmosphérique. Une machine frigorifique
est généralement plus complexe et plus
coûteuse qu'une machine thermique de
même puissance.
Efficacité
L'efficacité de la climatisation dépend
de l'appareillage, mais également de
l'isolement, ou étanchéité, du local par
rapport à l'extérieur. Par exemple,
l'ouverture d'une fenêtre dans un local
climatisé crée un déséquilibre, le
système de climatisation ne pouvant
compenser les effets liés à l'entrée
d'air. Une technique souvent utilisée
pour éviter les infiltrations d'air
extérieur consiste à maintenir le local
en légère surpression par rapport à
l'extérieur. Il suffit pour cela de
faire pénétrer plus d'air qu'il n'en
sort de la pièce. Dans certains cas
(cuisine, bâtiments sanitaires), le
local est maintenu en légère dépression,
pour éviter de «!polluer!» l'extérieur.
Certains locaux climatisés sont
totalement étanches et équipés de sas à
l'entrée. Dans d'autres cas, comme dans
les grands magasins où les portes sont
constamment ouvertes, les entrées sont
équipées de rideaux d'air chaud ou
froid, qui évitent les perturbations
thermiques du local.
Les systèmes de climatisation sont
classés selon leur capacité utile de
refroidissement, qui devrait être
rigoureusement exprimée en
kilowatts (kW). On emploie encore le
terme de tonne de réfrigération,
correspondant à la quantité de chaleur
qui serait absorbée pour faire fondre
une tonne de glace en 24 h, soit 3,5 kW.
Source: Encarta '99 |