4. Systèmes
de gestion technique
4.1 Gestion technique des bâtiments
On parle de gestion technique ou de technique de gestion de bâtiment (GTB) si
des installations techniques doivent être commandées et surveillées à partir
d'un poste central.
Plusieurs solutions sont offertes; les caractéristiques principales sont brièvement
décrites ci-dessous.
GTB conventionnelle
- On mesure et régule avec des appareils analogiques électroniques ou
pneumatiques.
- On commande à l'aide d'une technique électromécanique ou de systèmes de
commande programmables par mémoire.
- Les liaisons entre les deux procédés sont réalisées par des appareils
conventionnels (relais; contacts libres de potentiel) et des circuits.
- Les capteurs et les lignes aux sous-stations du système de GTB doivent être
multipliés: une fois pour les valeurs analogiques, une fois pour les
informations logiques.
GTB
avec régulation numérique
(Direct Digital Control, DDC)
Solution partiellement intégrée
- La technique numérique est appliquée pour la mesure et la régulation ainsi
que pour les fonctions simples de commutation dans les sous-centrales du système
de GTB ("intelligence répartie").
- La commande s'effectue par des relais ou des systèmes de commande à
programme mémorisé.
- Les liaisons entre les mesures, la régulation et la commande sont réalisées
comme pour la GTB conventionnelle
- Par contre capteurs et lignes en double sont supprimés.
Solution entièrement intégrée
- La mesure, la commande et la régulation en régulation numérique
s'effectuent avec le même système dans l'armoire électrique. Celui-ci peut échanger
simultanément toutes les informations nécessaires avec un poste central.
Toutes les fonctions sont librement programmables.
- Les liaisons entre mesures, régulation et commande ne sont plus nécessaires
tout comme les capteurs et connexions doubles
La plupart du temps, l'utilisation de systèmes de GTB se limite aux bâtiments
dotés de nombreuses installations techniques.
L'évolution rapide de l'électronique permet également l'utilisation de systèmes
programmables en mémoire pour la mesure, la commande et la régulation de
petites et moyennes installations. Les extensions de fonctions pourront être réalises
par étapes.
GTB ou pas? Quel concept?
La réponse à ces questions dépend des critères suivants :
- Les investissements pour la GTB doivent être justifiés par un rapport coût-utilité.
- Des extensions et des adaptations doivent être réalisées simplement et par
étape.
- Les évolutions prévisibles dans le domaine de l'électronique, de
l'organisation du service de maintenance, de l'optimisation de l'énergie
doivent être prises en considération.
- En ce qui concerne l'organisation et le personnel technique, l'entreprise doit
s'appuyer le plus possible sur ses propres moyens. Ce sont les collaborateurs
qui connaissent le mieux l'entreprise !
Exemples de concepts de GTB
a)
GTB conventionnelle; b) GTB avec DDC, solution entièrement intégrée
Contraintes d'un système GTB
La technique de gestion centrale, correctement utilisée, simplifie la
surveillance, la commande, la régulation et l'optimisation. Elle n'épargne
cependant pas à l'utilisateur
- de surveiller et d'entretenir les installations avec un personnel technique
qualifié.
- de chercher constamment de nouvelles possibilités d'optimisation après la
mise en place de la régulation.
Les
moyens sont fournis par une comptabilité de l'énergie et un contrôle détaillé
des mesures d'économie d'énergie à l'aide des données de fonctionnement.
- d'adapter aux modifications techniques de bâtiment ou d'installation
l'ensemble des dispositifs de mesure de commande et de régulation
4.1.1 Utilisation de systèmes intégrés de
commande et de gestion sur le marché HVAC
Depuis
l'apparition du microprocesseur sur le marché HVAC et l'émergence du terme
DDC, une bonne régulation ne pourrait plus, de l'avis général, se concevoir
sans cette technique qui la rendrait moins onéreuse. Dans le secteur HVAC, le
terme DDC ne comprend plus seulement la régulation numérique mais aussi l'intégration
de fonctions de régulation, de commande et de gestion dans un système.
De tels systèmes seront appelés "systèmes intégrés de gestion
technique".
a) Intégration des fonctions de gestion d'énergie et dans un système à
microprocesseur
L'intégration de fonctions entières ou partielles dans un système commandé
par microprocesseur est surtout adaptée aux situations où la complexité des
liaisons et du traitement liée à la solution d'un problème de gestion
technique est très grande. Nous entendons par complexité des liaisons le
rapport existant entre le nombre des entrées/sorties et celui des fonctions de
liaison, et par complexité de traitement le rapport existant entre les entrées/sorties
et celui des fonctions de traitement.
Pour une solution de gestion technique complexe, beaucoup de fonctions sont résolues
par logiciel, alors que le nombre d'interfaces (entrées/sorties) reste
relativement faible. Le matériel (relais, régulateur, etc. ) ainsi que le
montage et le câblage dans l'armoire électrique sont remplacés par un
logiciel.
Des préparations d'énergie bivalentes ou polyvalentes sont typiques pour des
fonctions complexes de commande et de régulation dans le secteur HVAC. On ne
peut atteindre un fonctionnement optimal du point de vue énergétique qu'à
l'aide d'un ordinateur
b) Gestion de l'énergie
Nous entendons par gestion de l'énergie toutes les fonctions qui optimisent
l'utilisation de l'énergie telles que l'OSC (optimisation de l'enclenchement ),
les programmes horaires, le délestage Ces fonctions standards de la gestion d'énergie
sont normalement résolues aussi bien avec des appareils terminaux
conventionnels qu'avec des systèmes commandes par microprocesseur. Cependant,
des fonctions servant à déterminer le mode de fonctionnement le plus économique
sont de plus en plus demandées , elles ne peuvent pas être résolues de façon
conventionnelle mais elles exigent une intelligence programmable (fonctions
arithmétiques).
c) Fonctions de surveillance et de gestion
Ces fonctions (exploitation interactive, messages d'alarmes et de
fonctionnement, suivi de tendances, suivi de maintenance, etc ) font partie du
domaine d'argumentation de la GTB classique. L'utilisation de ces fonctions est
minime pour les installations de petite taille ou de faible complexité : il n'y
a pas besoin de personnel qualifie et l'on a aisément une vue d'ensemble sur
les petites installations. De tels systèmes de gestion sont cependant intéressants
pour les installations plus grandes et plus complexes car ils permettent p
ex. une utilisation efficace du personnel de maintenance, une prolongation de la
durée d'utilisation grâce à un entretien préventif, une optimisation de l'énergie.
4.1.2 La micro-électronique dans la gestion
technique
Gestion technique
La gestion technique est un terme venant du domaine de l'automatisation des
processus.
La fonctionnalité de la technique d'automatisation, appelée "technique de
gestion", évolue avec le progrès technologique. Il y a quelques années
la gestion comprenait avant tout l'exploitation les messages et la surveillance
(fonctions typiques d'un " poste de contrôle"), la notion de gestion
technique s'élargit de nos jours considérablement grâce au développement de
la micro-électronique. Il est entré dans l'usage de considérer comme
appartenant à la gestion technique toutes les tâches d'optimisation d'énergie,
de régulation et de commande apparaissant dans les processus d'automatisation.
Systèmes de gestion
Les systèmes de gestion sont des systèmes informatiques dont l'architecture répond
à la spécificité de la tâche à réaliser.
La diversité des tâches de gestion technique ainsi que l'extension locale d'un
processus technique conduisent habituellement à distinguer les éléments
suivants :
- Poste central avec possibilités d'affichage, d'exploitation et d'édition de
journaux (terminal, imprimante)
- Contrôleur(s) pour des fonctions de gestion d'énergie, de commande et de régulation
complexes et non-standard
- Régulateurs - automate(s) avec possibilité de raccordement à la périphérie
du processus (détecteurs, organes de réglage)
- Dispositif de communication pour le couplage de postes centraux avec des contrôleurs
et des régulateurs-automates.
La
répartition des tâches entre le poste central, les contrôleurs et les régulateurs-automates
relève d'un choix technologique. On distingue les systèmes de gestion
centralisés et décentralisés.
Systèmes
centralisés
Dans les systèmes centralisés, pratiquement toute l'intelligence de
l'ordinateur se trouve concentrée dans le poste central.
Toutes les fonctions de gestion sont assumées clé fait par cet ordinateur. Les
contrôleurs sont uniquement des interfaces destinées aux organes périphériques
dépourvues de tâches de gestion techniques autonomes.
Cette concentration des tâches entraîne une lenteur des temps de réaction des
systèmes centraux. De plus, toute panne du poste central immobilise tout le
reste de l'installation.
Les systèmes centralisés ne connaissent pas de problèmes de coordination
entre le poste central et le régulateur-automate.
En raison du flux d'informations à véhiculer, les unités de communication
sont inaptes à la gestion de réseaux (la gestion du flux de données est assurée
par l'ordinateur central).
Systèmes décentralisés
Dans les systèmes décentralisés, l'intelligence est répartie. Grâce à
cette répartition, les fonctions entre le poste central, les contrôleurs et
les régulateurs automates peuvent être exécutées ainsi: le poste central
prend en charge toutes les fonctions de contrôle, le contrôleur toutes les les
fonctions de régulation de commande et d'optimisation d'énergie. Les régulateurs
automates peuvent aussi assurer les fonctions de régulation et de commande.
Afin que cette répartition des tâches fonctionne harmonieusement, celles-ci
sont couplées par un dispositif de communication performant.
Les avantages présentés par les systèmes décentralisés sont une capacité
de rendement et une sécurité de fonctionnement élevées (la panne d'un
composant ne paralyse pas toute l'installation).
La capacité de rendement des systèmes décentralisés provient du fait que les
différentes tâches techniques de gestion, à l'inverse des systèmes centraux,
ne sont pas assurées par un seul mais par plusieurs ordinateurs. Ces
ordinateurs sont habituellement structurés sous la forme de systèmes à carte
unique.
Dans les systèmes de gestion, tous les points de données nécessaires au
niveau central doivent être saisis et intégrés. Chaque appareil, comme la
sonde, l'organe de réglage, le commutateur, la lampe témoin, etc. est désigné
comme point de donnée auquel est reliée la commande ou la régulation. Lors de
la mise au point d'un schéma de principe, ces points de données sont saisis
comme sorties et entrées analogiques ou numériques (p.ex. AI = analog input,
DO = digital output)
.
Source: SiBT