1.3
Que signifie "confort thermique "?
1.3.1
Il y a chaleur et chaleur
C'est
l'hiver dans les montagnes. Le paysage est enneigé. Nous sommes assis dans la
salle de séjour d'un chalet.
Les
murs intérieurs sont lambrissés, le sol est recouvert de tapis moelleux et épais,
un grand poêle en faïence emplit la pièce de chaleur. Le thermomètre indique
21°C
Un
sous-sol: des murs gris, nus. Sols sans tapis, rien que du béton monotone, mais
la pièce est chauffée.
Le
thermomètre indique également 21°C.
Personne
ne doutera que la salle de séjour dans le chalet donne plus une impression de
confort que le sous-sol, bien que la température soit la même. Pourquoi?
Une
raison importante est l'atmosphère générale d'une pièce, son aspect. Des
lambris, des tapis, des rideaux et un poêle en faïence donnent un sentiment de
bien être; des murs et des sols nus en béton certainement pas. On peut parler
dans ce contexte de confort atmosphérique. Mais un autre facteur est plus
important pour la technique de régulation. C'est le confort thermique.
Quand
on parle de température, une différenciation précise doit être effectuée.
La température de 21°C cité au début correspond à la température de l'air
ambiant; celle-ci est mesurée à l'aide d'un thermomètre posé sur un mur.
Avec une sonde de parois, on mesure par contre la température de parois ou de
rayonnement: celle-ci, est par exemple de 19°C dans la salle de séjour mais
seulement de 13°C dans le sous-sol. Les parois relativement froides font que
nous ressentons l'environnement comme inconfortable sur le plan thermique alors
que dans la salle de séjour, les carreaux du poêle de faïence accentuent la
sensation de chaleur.
La
propagation de la chaleur s'effectue d'une part par la circulation de l'air et
le mélange de différentes parties chaudes, c'est-à-dire par la convection et
d'autre part, par le fait que la surface d'un corps sans mouvement émette de la
chaleur, que l'on désigne comme rayonnement thermique.
Si
nous sommes devant une cheminée, nous avons chaud au visage et aux mains alors
que nous avons froid dans le dos. La chaleur de rayonnement domine ici, partant
des flammes et des braises, alors que la pièce reçois peu de chaleur par
convection. Devant la cheminée beaucoup d'énergie se perd, si la chaleur n'est
pas récupérée par des installations complémentaires (p ex: utilisation de
cheminée avec ventilateur) et transmise à l'air ambiant.
Pour
un poêle en faïence avec une grande surface et les tuyaux de circulation, on
obtient un certain équilibre entre les deux modes de propagation de la chaleur.
Il y a chaleur et chaleur
propagation de la chaleur pour un
poêle en faïence - Coupe d'un
poêle en faïence
1.3.2
Le flux thermique chez l'homme
Un
enfant qui s' est roule dans la neige avec ses camarades de jeux entre, les
joues rouges et haletant, dans le séjour chauffé de notre chalet. Il porte une
combinaison molletonnée qu'il va bientôt enlever. Motif : l'activité intense
à l'extérieur nécessite une augmentation de la production calorifique du
corps et cette chaleur doit pouvoir s'écouler relativement vite sinon l'on
ressent une impression désagréable de trop forte chaleur. La combinaison de
ski, retenant la chaleur, fait obstacle à ce flux thermique. En plein air, pour
des températures inférieures à zéro, le maintien de la chaleur à l'intérieur
de la combinaison est tout à fait voulu. Mais dans le séjour, à 21°C, la
chute de température est beaucoup plus faible, et le transfert de la chaleur se
fait lentement au travers de la matière molletonnée.
Si
dans la situation décrire le corps n' est pas libéré immédiatement de son
habillement trop isolant, il réagit en transpirant. L'écoulement de la chaleur
s'effectue de cette manière, l'évaporation ayant lieu à la surface de la
peau. Ce processus nécessite une chaleur supplémentaire (chaleur d évaporation)
laquelle est extraite de l'environnement, ici du corps.
On
ressent également ce phénomène pendant l'été: si le corps n'est pas séché
après un bain ou une douche, on ressent nettement le refroidissement parce que
les gouttes d'eau commencent à s'évaporer. Cet effet est encore accentué avec
de l'alcool ou de l'éther sur la main.
L'air
environnant en circulation favorise l'évaporation et la convection, alors que
le rayonnement y est indifférent. Un courant d'air sera ressenti comme agréable
ou désagréable en fonction de la situation extérieure et de l'état dans
lequel on se trouve. Une autre dimension doit être aussi considérée dans ce
contexte: la teneur en humidité de l'air. Un air sec absorbe la vapeur d'eau
plus rapidement qu'un air humide. Une chaleur étouffante c' est-à-dire un air
chaud humide est particulièrement désagréable, puisque l'émission par évaporation
de chaleur est diminuée. En général, on supporte mieux une chaleur sèche et
un froid sec que des températures extrêmes dans un air humide. Il y a là
cependant une limite car les muqueuses des voies respiratoires peuvent se dessécher.
C'est la raison pour laquelle l'
humidité dans les locaux doit être maintenue à un niveau moyen de 40 à 50%
(humidité relative). Lors du processus de vaporisation la chaleur est nécessaire
sans pour autant qu' une augmentation de la chaleur caractérise l'eau évaporée.
Ce phénomène se produit également lors du processus d'ébullition: l'eau
bouillante reste à 100°C bien que la plaque électrique ou le brûleur au gaz
continue à chauffer. Cette chaleur de vaporisation est désignée comme chaleur
latente.
Ce
qui peut être par contre ressenti comme une augmentation directe de la température
lors des processus de convection et de rayonnement, est appelé chaleur
sensible. Ces termes sont très important pour les installations de
climatisation dotées d'une régulation d'humidité
1.3.3
Quelques chiffres et diagrammes
Bien
que le "confort" semble être de prime abord un concept tout à fait
subjectif, lié à la sensibilité de l'homme, il est possible de déterminer
des mesures.
L'image
suivante montre comment le flux thermique humain se répartit lors de différentes
températures ambiantes.
L'activité
prise comme base (en moyenne 120 watts) correspond à un travail de bureau réclamant
peu d'effort physique Pour une température ambiante de 20 °C, le rayonnement
en représente 72 W (distance a), la convection 25 W (distance b, 97-72 W) et l'évaporation
22 W (distance c 119-97 W). La proportion de l'évaporation augmente fortement
pour des températures ambiantes plus élevées. Si la température ambiante
atteint 37 °C, c'est-à-dire la température du corps humain, il n'y a plus de
chute de température. Le corps doit par conséquent évacuer toute la chaleur
par évaporation
L'image
ci-dessus indique les zones de confort, qui ont été calculées à l'aide de
nombreuses analyses statistiques. Elles correspondent aux plages des températures
qui sont ressenties comme "confortables" ou "assez
confortables" lors d'activités sédentaires exécutées avec un
habillement adéquat. Les exemples cités précédemment sont reproduits sur le
graphique : le confort dans la salle de séjour (21°C air ambiant, 19° C température
de surface des parois), et l'inconfort dans le sous-sol (21° C air ambiant, 13°
C température des parois).
Cette
courbe renseigne sur la vitesse d'air qui est ressentie encore comme
confortable. Les valeurs figurant au-dessus de cette courbe forment la plage du
courant d'air gênant
Résumé
En
ce qui concerne la température on distingue:
-
la température ambiante (ou température de l'air)
-
la température de parois (ou température de rayonnement)
La
chaleur se propage par:
-
convection
-
rayonnement (chaleur sensible)
-
évaporation (chaleur
latente)
Le
flux thermique chez l'homme dépend des dimensions suivantes :
-
production thermique (selon l'activité)
-
isolation par les vêtements température ambiante
-
température moyenne de rayonnement
-
vitesse de l'air
-
humidité de l'air
Le
confort dépend de l'équilibre existant entre ces grandeurs. L'homme se sent
bien sur le plan thermique si le flux thermique s'effectue ni trop vite, ni trop
lentement.
Ces
explications ont montré que le confort joue un rôle central.
L'
objectif est de créer dans les bâtiments les conditions climatiques optimales
avec une utilisation minimale d'énergie. Le confort de l'homme est au centre de
nos préoccupations.
1.3.4
Conditions d’ambiance conseillées
| Conditions
d'ambiance conseillées |
|
Utilisation des locaux
|
Conditions d'ambiance possibles en hiver
|
|
|
Température air ambiant TRA
|
Humidité
air ambiant % rH
|
|
Séjours,
bureaux
|
20°C
|
40 - 50%
|
|
Chambres à
coucher
|
16°C
|
40 - 60%
|
|
Salles de
bains
|
23°C
|
Très élevée
à courte durée
|
|
Gymnases
|
15°C
|
75%
|
|
Piscines
|
16°C
|
65%
|
|
Chambres
froides
|
jusqu'à
-30°C
|
95%
|
|
Locaux de
fabrication industrielle:
|
|
textile
|
18-25°C
|
90-95%
|
|
tabac
|
20-35°C
|
90-60%
|
|
papier
|
20-30°C
|
90-60%
|
|
Etables
|
12°C
|
90%
|
|