|
4.8.2 Changements
d’état
Un cycle
machine
frigorifique/pompe
à
chaleur
a
recours
à la
capacité
d’une
matière
ou d’un
réfrigérant
à
changer
d’état
et
ainsi—sans
changer
de
température—d’accepter
ou de
libérer
des
quantités
de
chaleur
relativement
importantes.
Les
différents
états
sont :
solides,
liquides
ou
gazeux.
Un cycle
n’est
possible
que
parce
que les
changements
d’état
sont
réversibles.
Des
changements
d’état
possibles
et leur
désignation
sont
affichés
dans le
tableau
suivant :
|
Changement d’état : |
Désignation : |
|
De solide à liquide
|
Fusion |
|
De liquide à solide
|
Solidification (pour l’eau : gel)
|
|
De liquide à gazeux
|
Évaporation (vaporisation)
|
|
De gazeux à liquide
|
Condensation (liquéfaction)
|
|
Changements d’état de l’eau
|
Tout le
monde
connaît
l’eau.
Ses
états et
changements
d’états
possibles
ont été
traités
en
détail
dans la
section
4.3.3.
L’eau
est
aussi
utilisée
comme
réfrigérant
dans des
cycles
spéciaux
machines
frigorifiques/pompes
à
chaleur.
C’est
pourquoi
nous
souhaitons
ré-étudier
brièvement
ses
changements
d’état
et les
quantités
de
chaleur
absorbées
et
libérées
en
résultant
en
utilisant
comme
exemple
1 kg
d’eau
sous des
conditions
standards
(pression
atmosphérique
de 1013
bar).
Il faut
une
quantité
de
chaleur
de 335kJ
(Fig
4-46)
pour
faire
fondre 1
kilogramme
(kg) de
glace à
0°C,
autrement
dit pour
le faire
liquéfier
dans de
l’eau à
0°C. Ce
changement
d’état
s’effectue
à
température
constante.
La
chaleur
de
fusion
contenue
dans
l’eau
est donc
appelée
chaleur
latente
(imperceptible).
fig.
4-46
Chaleur
latente
de la
glace
Dans le
processus
inverse,
il faut
extraire
335kJ de
chaleur
d’un kg
d’eau à
0°C afin
de le
convertir
en 1 kg
de glace
à 0°C.
Il faut
ajouter
une
quantité
sensible
de
chaleur
égale à
419 kJ à
un kg
d’eau
pour
augmenter
sa
température
de 0°C à
100°C.
On
présuppose
une
pression
standard
(pression
atmosphérique
au
niveau
de la
mer de
1013
bar—appelée
autrefois
760 mm
Hg). A
cette
pression,
100°C
est le
point
d’ébullition
de
l’eau,
c’est-à-dire
le point
où l’eau
commence
à
s’évaporer.
Dans le
schéma
(fig.
4-47),
nous
pouvons
voir que
l’eau ne
peut
être
utilisée
que
comme un
réfrigérant
avec une
température
d’évaporation
d’environ
+5°C si
nous
pouvons
produire
une
pression
dans
l’évaporateur
d’environ
0.01 bar
(ou une
dépression
d’environ
0.99 bar
par
rapport
à la
pression
atmosphérique
standard).
fig.
4-47
Point
d’ébullition
de l’eau
par
rapport
à la
pression
atmosphérique
La
conversion
de l’eau
en
vapeur
est un
changement
d’état,
qui se
produit
lui
aussi à
température
constante.
Il faut
ajouter
2257 kJ
à un kg
d’eau à
100°C
afin de
le
convertir
complètement
en
vapeur à
100°C.
Cette
chaleur
d’évaporation
est donc
la
quantité
latente
de
chaleur
contenue
dans la
vapeur.
Si nous
ajoutons
à la
chaleur
d’évaporation
de 2257
kJ, les
419 kJ
utilisés
pour
chauffer
1 kg
d’eau de
0 à
100°C,
nous
obtenons
alors
avec
2676 kJ
la
teneur
en
chaleur
ou
enthalpie
h d’1 kg
de
vapeur
saturée
à 100°C
(fig.
4-48).
(Le
point
zéro de
l’échelle
d’enthalpie
est fixé
à une
température
de la
matière
de 0°C).
fig.
4-48
Processus
d’évaporation
et
augmentation
de
l’enthalpie
de l’eau
Si on
ajoute
de la
chaleur
à de la
vapeur
saturée
sèche de
100°C,
il se
produit
une
augmentation
de la
température
qui est
appelée
la
surchauffe
de la
vapeur
(Fig
4-49).
La
chaleur
de
surchauffe
est
aussi de
la
chaleur
sensible.
Pour
augmenter
la
température
du
kilogramme
de
vapeur
de par
exemple
100°C de
15K, il
faut une
quantité
sensible
de
chaleur
Q
s’élevant
à 28.3
kJ. Ceci
peut
être
calculé
à partir
des
formules
suivantes :
Q
= m cp (J
-
Js)
= 1 1.88
(115 °C
- 100
°C)
= 28.3
(kJ)
cp
=
Chaleur
spécifique
moyenne
de la
vapeur
surchauffée
[kJ/kg K]
m
= Masse
[kg]
J
=
Température
de la
vapeur
surchauffée
[ °C]
Js
=
Température
d’ébullition
de l’eau
[ °C]
Fig 4-49
Surchauffe
et
augmentation
de
l’enthalpie
de la
vapeur
Nous
pouvons
illustrer
les
changements
de
température
et
d’état
de l’eau
à l’aide
d’un
diagramme
température-enthalpie
(fig.
4-50).
Les
valeurs
d’enthalpie
se
basent
sur un
kg d’eau
à une
pression
atmosphérique
de 1013
bar.
fig.
4-50
Diagramme
Température/Enthalpie
A -
B:
Réchauffage
du
liquide
(chaleur
sensible)
B -
C:
Évaporation
(chaleur
latente)
C -
D:
Surchauffe
(chaleur
sensible)
Vu que
seules
les
différences
d’enthalpie
sont
nécessaires
pour les
calculs
de
quantité
de
chaleur,
le point
zéro de
l’échelle
d’enthalpie
peut
être
choisi
arbitrairement.
En fig.
4-50
ainsi
que dans
les
tableaux
usuels
pour la
vapeur
d’eau,
le point
zéro est
choisi à
l’identique
du point
de
congélation
de
l’eau.
Cela
signifie
que la
chaleur
de
fusion
n’est
pas
comprise
dans les
valeurs
d’enthalpie
indiquées.
La
droite A
– B
représente
la
chaleur
sensible
nécessaire
pour
chauffer
un kg
d’eau de
0°C à
100°C.
Sur
l’échelle
de
l’enthalpie,
en point
B, on
peut
lire la
valeur h
de 419
kJ/kg.
La
droite B
– C
représente
le
processus
d’évaporation.
La
chaleur
est
apportée
en
continu
le long
de cette
droite
(température
constante)
jusqu’au
point C
où le
kilogramme
d’eau
est
complètement
transformé
en
vapeur
saturée.
L’enthalpie
de cette
vapeur
saturée
à sec
s’élève
à 2676
kJ.
C’est la
somme de
419 kJ
de
chaleur
sensible
et de
2257 kJ
de
chaleur
latente.
Si entre
le point
C et le
point D,
on
ajoute
28.3 kJ
supplémentaires,
la
vapeur
serait
surchauffée
à 115°C.
L’enthalpie
au point
D est
donc
de :
h = 2676
+ 28.3 =
2704.3
kJ.
|
Condensation (Liquéfaction)
|
Le
changement
de
l’état
liquide
à l’état
de
vapeur
est
réversible,
c’est-à-dire
que la
vapeur
peut
être de
nouveau
transformée
en
liquide.
Lors du
processus,
la
vapeur
libère
sa
chaleur
latente
d’évaporation
de 2257
kJ/kg
(Fig
4-51).
Notre
manière
d’aborder
les
changements
d’état
est
basée
sur des
processus
purement
théoriques
sans
pertes,
impossibles
en
pratique.
fig.
4-51
Condensation
(Liquéfaction)
1
Vapeur
saturée
(1 kg),
100°C
2
Eau de
refroidissement,
froide
3
Eau de
refroidissement,
chaude
(+2257
kJ)
4
Condensat
(1 kg
d’eau),
100°C
|
Diagramme enthalpie-pression (diagramme h, log p)
|
Dans la
technique
des
machines
frigorifiques
/ pompes
à
chaleur,
plutôt
que le
diagramme
température/enthalpie,
on
préfère
utiliser
le
diagramme
pression-enthalpie
(fig.
4-52).
Pour des
raisons
pratiques,
une
échelle
logarithmique
est
choisie
pour la
pression
. Dans
ce
diagramme,
les
changements
d’état
ne sont
plus
représentés
à une
pression
standard
de 1013
bar,
mais
peuvent
être
relevés
pour
différentes
pressions
et
températures
correspondantes.
De tels
diagrammes
h, log,
p sont
disponibles
pour
tous les
réfrigérants
couramment
utilisés.
Dans ces
diagrammes,
on peut
représenter
des
cycles
de
prévision
pompes à
chaleur
/
machines
frigorifiques
et on
peut
lire
l’enthalpie
–
changements
directement
sur
l’échelle
d’enthalpie.
La Fig.
4-52
montre
le
diagramme
enthalpie-pression
pour
l’eau.
fig.
4-52
Diagramme
enthalpie-pression
pour
l’eau
(diagramme
h, log,
p)
1
Courbe
du
liquide
(début
d’évaporation)
2
Zone
liquide
(refroidissement)
3
Point
critique
pour
eau/vapeur
4
Zone de
surchauffe
(vapeur)
5
Courbe
de
vapeur
saturée
6
Zone de
vapeur
humide
(liquide/vapeur)
A -
B
Chaleur
d’évaporation
à p=1013
bar
(2257kJ/kg)
La
courbe
qui
s’élève
du point
zéro au
point
critique
représente
le début
de
l’évaporation
du
liquide
(courbe
de
liquide
saturé).
Le
prolongement
de cette
courbe,
qui
redescend
du point
critique
jusqu’à
l’axe de
l’enthalpie,
représente
le début
de
surchauffe
de la
vapeur
saturée
(courbe
de la
vapeur
saturée).
Si on
trace
une
ligne
horizontale
coupant
ces deux
courbes
à une
pression
donnée
(par
ex. :
1013
bar), on
peut
relever
l’enthalpie
du
liquide
saturé
au point
A et
l’enthalpie
de la
vapeur
saturée
au point
B. La
différence
entre
les
points A
et B
correspond
à la
chaleur
d’évaporation.
Le
diagramme
montre
que la
chaleur
d’évaporation
diminue
quand la
pression
et la
température
augmentent,
jusqu’à
atteindre
au point
critique
un état
où le
début de
l’évaporation
du
liquide
est
identique
au début
de
surchauffe
de la
vapeur.
Dans le
cas de
l’eau,
la
pression
critique
est de
221.2
bar et
la
température
critique,
de 374.1
°C. |