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4.3.6 La capacité calorifique des matières

Nous avons vu que la température d’une matière correspond à un certain niveau d’oscillation (ou niveau d’excitation) de ses atomes. Si nous souhaitons augmenter la température, nous devons plus exciter les atomes, et pour cela, nous avons besoin d’énergie. La quantité d’énergie nécessaire dépend aussi du nombre de particules à exciter, autrement dit, du poids (masse) de la matière.

Plus la masse est grande, plus la quantité de chaleur ou enthalpie contenue dans la matière après l’augmentation de température est grande.

La quantité de chaleur contenue dans une matière est désignée par Q [kJ].

Chaleur spécifique

Il est possible de calculer la quantité de chaleur Q. Mais il faut d’abord connaître une autre grandeur de la matière. Si on essaie d’augmenter la température d’1 kg de cuivre, 1 kg d’eau et 1 kg d’air d’1 K, on constate qu’il faut presque trois fois plus d’énergie thermique pour l’air que pour le cuivre, et onze fois plus pour l’eau.
Les résultats sont tout aussi différents pour d’autres matières. La quantité de chaleur nécessaire pour augmenter la température ne dépend donc pas seulement de la masse, mais aussi de la capacité de stockage de la chaleur de la matière. Nous appelons cela la capacité de chaleur spécifique C de la matière.

Elle est toujours basée sur 1 kg de matière et 1 K, et a comme unité [J/kg K].

La chaleur spécifique du cuivre, de l’eau et de l’air est :  

Cuivre : c =    381 [J/kg K]
Eau :   c =   4190 [J/kg K]
Air : c =  1004 [J/kg K]

Nous aimerions maintenant examiner de plus près les valeurs de la chaleur spécifique pour d’autres matières, autrement dit, le nombre de kJ nécessaire pour chauffer d’1 K un kg de matière.

Matière

 

c en

kJ/kg K

 Hydrogène

 

14.25

 Hélium

 

5.24

 Eau

 

4.19

 Air

 

1.0

 Acier

 

0.48

 Cuivre

 

0.39

 Huiles

»

2.00

Si on ne tient pas compte de l’hydrogène et de l’hélium, l’eau a alors la capacité calorifique la plus élevée de toutes les matières (y compris de celles qui ne sont pas mentionnées ici). Il faut donc bien plus d’énergie calorifique pour amener l’eau à une température plus élevée que pour d’autres substances. Cependant, nous avons proportionnellement plus d’énergie calorifique stockée dans cette quantité d’eau avec laquelle nous pouvons « opérer ».

Lors de calculs avec les quantités de chaleur, nous sommes donc intéressés par le poids (masse M), la chaleur spécifique c et la différence de température DJ (K) avant et après le chauffage. La raison en est que ces critères déterminent de manière décisive quelle quantité de chaleur nous devons apporter à la matière. Si nous procédons à l’inverse et plaçons un corps chauffé dans un environnement plus froid, alors à partir de sa masse, sa chaleur spécifique et la diminution de température entre le corps et son environnement, nous pouvons calculer la quantité maximum de chaleur que ce corps peut libérer.

Quantité de chaleur Q

La formule suivante s’applique :

Q = m * c * DJ               [kg * J/kg.K * K] = [J]

L’unité de la quantité de chaleur est le joule ou 1000 J = 1 kJ (kilojoule).

Ainsi, dans un système de chauffage, si nous souhaitons augmenter la température de 200 kg d’eau de 60°C à 80°C, nous avons besoin :

Q = m * c * DJ   200 * 4190 * 20 = 16,760,000 J or 16,760 kJ

Si cette eau s’écoule dans le radiateur à 80°C et retourne de là à la chaudière à une température de 60°C, alors elle a évacué les 16,760 kJ apportés plus tôt. La chaleur a été évacuée pour la plus grande partie sous forme de chaleur dans la pièce, mais une petite partie, appelée perte de chaleur, a été évacuée par les canalisations dans l’environnement (Fig 4-20).

fig. 4-20 Principe d’une installation de chauffage

Rendement calorifique

L’exemple a montré qu’il nous faut 16.760 kJ pour augmenter la température de 200 kg d’eau de 20 K. Nous avons aussi vu que cette énergie calorifique est évacuée du radiateur à l’air et sous forme de perte de chaleur des canalisations, de sorte que l’eau retourne à la chaudière à 60°C. Nous avons donc pratiquement envoyé un flux calorifique au radiateur. En hiver, ce flux calorifique doit être adapté aux demandes de chaleur. Autrement dit, dans l’installation de chauffage, la chaudière doit produire la quantité d’énergie calorifique par heure qui est utilisée par les radiateurs, c’est-à-dire, les pièces.

L’énergie (travail) produite en un temps spécifique (h) est appelée rendement, dans notre cas rendement calorifique ou flux calorifique Q.  

Le rendement thermique nécessaire dans notre exemple est


Q = 16,760 kJ / 3600s

Q = 4.66 kJ/h  =4.66 kW  

La relation entre les joules et les watts est expliquée dans le paragraphe suivant 4.4.

Afin d’avoir une idée de l’ordre de grandeur du contenu calorifique de différentes matières, observons maintenant l’énergie calorifique fournie par des combustibles courants :

Matière :

Enthalpie :

Rendement thermique / h :

 

[kJ/kg]

[kJ/m3]

[kW/kg]

[kW/m3]

Mazout

» 42,000

» 35,500

» 11.6

9.75

Charbon, coke

» 30,000

 

»   8.3

 

Gaz de ville

 

» 16,000

 

» 4.4

Gaz propane

» 46,000

» 93,000

» 12.75

» 25.75

Gaz naturel

» 39,000

» 34,000

» 11.6

» 9.5

Pour notre système de chauffage, qui chauffe en utilisant du mazout, la consommation horaire de combustible s’élève donc à 4.66kW : 11.6 kW/kg = 0.4 kg de mazout.