4.3.3
Le fluide
« eau »
Comme tous les
liquides, l’eau
se dilate. Alors
que d’autres se
dilatent de plus
en plus à partir
de leur point de
fusion à chaque
augmentation de
température d’1
K, l’eau se
contracte de 0 à
4°C (l’anomalie
de l’eau) et ce
n’est seulement
après qu’elle
commence à se
comporter de
manière
standard,
c’est-à-dire à
se dilater.
|
1000
kg
eau
|
|
-1
°C
|
approx.
1090.0
litres
|
|
0
°C
|
1000.2
litres
|
|
2
°C
|
1000.1
litres
|
|
4
°C
|
1000.0
litres
|
|
10
°C
|
1000.4
litres
|
|
20
°C
|
1001.8
litres
|
|
30
°C
|
1004.4
litres
|
|
40
°C
|
1007.9
litres
|
|
50
°C
|
1012.1
litres
|
|
60
°C
|
1017.1
litres
|
|
70
°C
|
1022.8
litres
|
|
80
°C
|
1029.0
litres
|
|
90
°C
|
1035.9
litres
|
|
100
°C
|
1043.5
litres
|
Changement du
volume de l’eau
en fonction de
la température
Ce tableau
indique aussi le
niveau de
dilatation de
l’eau dans une
installation de
chauffage
central.
Supposons que la
chaudière, les
canalisations et
les radiateurs
contiennent 1000
l d’eau à 20°C.
Supposons aussi
que ce système
fonctionne
souvent en hiver
avec de l’eau à
70°C.
Cela signifie
qu’il y a une
augmentation de
volume de 21
litres.
Ces 21 litres
doivent être
recueillis
quelque part ou
le système
éclatera. A cet
effet, chaque
installation de
chauffage
central à eau
chaude a un
réservoir de
dilatation.
Comme l’eau se
dilate aussi
fortement, elle
devient
proportionnellement
plus légère car
sa densité
r
(rho) [kg/m3]
change.
Physique :
(densité de la
masse, masse
spécifique),
symbole
r (rho),
quotient de la
masse et du
volume d’un
corps. Outre la
matière du
corps, la
densité dépend
aussi de la
pression et de
la température
(particulièrement
pour les gaz et
les liquides).
L’unité SI de la
densité est
kg/m3
|
Matière
|
Densité
kg/m3
|
|
Aluminium
|
2.699
|
|
Béton
|
1.5–2.4
|
|
Plomb
|
11.35
|
|
Glace
(à
0°C)
|
0.917
|
|
Fer
|
7.86
|
|
Or
|
19.3
|
|
Bois
(sec)
|
0.4–0.8
|
|
Sable(sec)
|
1.5–1.6
|
|
Matière
moussante
|
0.02–0.0 |
|
Uranium
|
18.7
|
|
Eau
20
°C
|
0.9982
|
|
Eau
(4°C)
|
1.000
|
Densité de
certains solides
et liquides en
kg/m3
à 20ºC
Exemple : A
20°C, 1000 l
d’eau pèse
environ 1000 kg
et à 90°C =
environ 965 kg.
La flottabilité
change avec la
densité, de
sorte qu’une
matière moins
dense flotte
au-dessus de la
matière la plus
dense. Ainsi,
l’eau chauffée
se déplace
toujours vers le
haut et se place
en couche sur
l’eau plus
froide.
Cette
disposition en
couches se
remarque très
fort, par
exemple,
lorsqu’on nage
dans un lac ou
un océan.
fig. 4-8 Couches
de températures
dans une
chaudière d’eau
chaude
Dans des
installations de
chauffage, ce
phénomène
d’élévation de
l’eau chauffée
est utilisé pour
le chauffage par
gravitation.
Dans chaque
chaudière, l’eau
chauffée (et
dilatée) se
déplace si vite
vers le haut
qu’elle ne cède
qu’une fraction
de sa chaleur à
l’eau froide
environnante
(fig. 4-8). De
cette façon,
l’eau chaude
s’accumule au
dessus et est
prélevée là.
L’eau froide
entre par le
bas. La
disposition en
couches de la
température est
tellement stable
que même les
remous créés par
l’entrée de
l’eau froide
l’affectent à
peine.
|
Stratification
de
la
température
|
La tendance de
l’eau chaude à
se disposer en
couches
au-dessus de
l’eau froide
nous cause aussi
des
difficultés :
dans les
piscines
couvertes par
exemple, il ne
suffit pas
d’alimenter en
eau chaude par
le haut ou par
le bas, cela
provoquerait une
stratification
de la
température. Une
telle
stratification
ne serait
éliminée que
très lentement
par les
mouvements des
nageurs. De
plus, il est
très difficile
de mesurer la
température
effective de
l’eau d’un
bassin
présentant une
stratification
de la
température.
Afin d’éviter ce
problème, on
injecte, dans
des
installations
confortables, de
l’eau filtrée et
chauffée à
plusieurs
endroits du fond
du bassin.
La tendance de
l’eau chaude à
former une
couche au-dessus
de l’eau plus
froide est si
forte qu’une
telle
stratification
demeure dans des
canalisations
sur de longues
distances (Fig
4-9). Nous
devons en tenir
compte lors de
l’installation
de sondes de
température ou
de régulateurs
dans des
canalisations.
fig. 4-9
Stratification
de la
température dans
un écoulement
d’eau à
l’intérieur
d’une
canalisation
Nous avons
appris que la
chaleur est
l’oscillation
des atomes
ou des
molécules. La
chaleur est une
forme d’énergie
et la
température
d’une matière
est la mesure du
niveau
d’oscillation de
ces petits blocs
de construction.
Nous avons aussi
vu qu’avec une
augmentation du
mouvement
oscillatoire
(= température)
la structure de
la matière se
détend, qu’elle
se dilate
et finalement
les solides
se transforment
en liquides et
les liquides
en gaz.
Le comportement
de l’eau est
très important
pour nous : il
est aussi
particulier en
cas de gel.
Alors que les
autres liquides
se contractent
quand ils se
solidifient,
l’eau se dilate
d’un onzième
de son volume
(Fig. 4-10).
C’est pourquoi
la glace peut
rompre avec une
force
extraordinaire
des rochers, des
routes et des
façades de
maison ainsi que
des
canalisations,
des radiateurs,
etc.
fig. 4-10
Augmentation du
volume de l’eau
en cas de gel
Dans les
installations de
chauffage, le
gel provoque le
plus souvent des
dégâts dans des
systèmes
inutilisés et
non vidangés ou
si le chauffage
est
excessivement
réduit la nuit
en hiver. Dans
les systèmes de
ventilation et
de
climatisation,
par contre, il
est normal qu’en
hiver l’air
extérieur de
moins de –10°C
soit soufflé par
les réchauffeurs
d’air chauffés
avec de l’eau
chaude. C’est
notre
responsabilité
de garantir une
fonction sûre de
protection
antigel par une
surveillance
fiable de la
température,
parce que si,
dans de telles
conditions
glaciales,
l’apport en eau
chaude s’arrête
même pour
quelques
minutes, il peut
en résulter des
dégâts coûteux
causés par le
gel.
Nous souhaitons
maintenant
étudier d’un peu
plus près l’état
de l’eau. Comme
nous le savons,
l’eau s’évapore.
Et cela est dû
au mouvement des
molécules :
contrairement
aux solides, les
molécules d’eau
n’oscillent pas
autour d’un
point fixe.
C’est pourquoi
ces molécules
qui se trouvent
à la surface de
l’eau peuvent
aisément
s’échapper.
Certaines
« replongeront »
dans l’eau,
alors que
d’autres
resteront dans
l’air sous forme
de vapeur d’eau
invisible. Et
chaque particule
qui s’échappe et
est emmenée par
le vent emporte
sa chaleur
d’évaporation.
Quand ce
processus se
produit sur
notre peau, nous
ressentons
clairement la
perte de chaleur
due à cette
évaporation
comme un
refroidissement.
Prenons un
récipient à
moitié rempli
d’eau et
recouvrons-le
(Fig 4-11). A
cause du
couvercle, l’air
ne peut plus
emporter les
molécules d’eau
évaporées. Un
mélange de
vapeur d’eau et
d’air se forme
donc à la
surface de
l’eau, alors que
de plus en plus
de molécules
d’eau
s’évaporent.
Dans un
récipient fermé,
ce processus ne
continue pas à
l’infini, mais
il s’arrête
automatiquement
dès que la
pression de la
vapeur d’eau
pèse si
fortement sur la
surface de l’eau
que l’énergie
cinétique des
particules ne
suffit plus pour
la percer. A ce
stade, l’air est
dit saturé de
vapeur d’eau.
fig. 4-11
Équilibre par
saturation dans
un récipient
fermé.
Si nous
augmentons la
température de
l’eau, l’énergie
cinétique des
molécules d’eau
s’accroît et
elles peuvent
ainsi à nouveau
traverser la
surface de
l’eau, jusqu’à
ce que les
forces en
présence se
rééquilibrent.
Plus nous
augmentons la
température,
plus la teneur
en vapeur d’eau
dans le mélange
vapeur-air est
importante.
Si nous
chauffons
fortement l’eau,
des bulles de
vapeur chaude
apparaissent
soudainement
dans l’eau.
L’eau bout. A ce
stade, la
formation de
vapeur ne se
limite plus à la
surface de
l’eau, elle se
forme aussi à
l’intérieur
de l’eau. Si
l’on maintient
l’eau à sa
température
d’ébullition,
elle se
transforme
totalement en
vapeur d’eau. Si
l’espace libre
dans la
casserole est
insuffisant, la
vapeur s’échappe
par le bord du
couvercle (fig.
4-12).
fig. 4-12 A
pression
constante, la
vapeur a besoin
d’un volume plus
grand que l’eau
A la pression
atmosphérique
normale, l’eau
bout à 100°C.
Qu’entend-on par
« pression
atmosphérique
normale » ?
La définition
est la
suivante : il y
a une pression
atmosphérique
normale si le
poids de l’air
au niveau de la
mer s’élève à
101325 N/m2
(ou 101.3 kPa =
1.013 bar).
Ainsi une
colonne d’air
d’1m2
de section
s’élevant dans
l’espace a ce
poids.
La phrase « A la
pression
atmosphérique
normale, l’eau
bout à 100°C »
signifie
apparemment que
la température
d’ébullition
dépend de la
pression exercée
sur l’eau.
Autrement dit,
plus la pression
exercée sur
l’eau est
élevée, plus le
niveau requis
d’oscillation
des molécules
d’eau est élevé,
c’est-à-dire
plus la
température
nécessaire pour
que la structure
de la matière se
dissolve et que
l’eau liquide se
transforme en
vapeur est
élevée.
Nous pouvons
alors en déduire
que pour une
pression
supérieure à la
pression
atmosphérique
normale, le
point
d’ébullition est
plus élevé.
C’est en effet
le cas : à 1.5
bar (surpression
de 0.5 bar), par
ex. dans une
cocotte-minute,
l’eau bout à
environ 110°C
(fig. 4-13).
Fig. 4-13
Pression
atmosphérique et
point
d’ébullition de
l’eau selon la
hauteur
au-dessus du
niveau de la mer
Le point
d’ébullition de
l’eau,
c’est-à-dire, la
température à
laquelle l’eau
passe de l’état
liquide à l’état
gazeux, dépend
de la pression.
fig. 4-14
Diagramme
température-pression
pour la vapeur
saturée
Les
installations de
chauffage urbain
connaissent
souvent des
températures
d’eau > 100°C.
Cela signifie
qu’il doit y
avoir une
pression
supérieure à 1
bar dans les
canalisations
pour empêcher
l’eau de
bouillir.
Nous souhaitons
maintenant
étudier la
quantité
d’énergie
nécessaire pour
transformer de
la glace en eau
et ensuite en
vapeur. La
relation est
montrée dans le
diagramme
température-enthalpie
(Fig. 4-15).
Pour chauffer un
litre d’eau de
0°C à 100°C,
nous avons
besoin de 419kJ.
Nous constatons
que la
température ne
reste pas
constante
pendant ce
processus. Une
chaleur
perceptible
(sensible) est
transmise.
A 100°C commence
la formation
spontanée de
vapeur. Si nous
arrêtons
maintenant
d’ajouter de la
chaleur, la
température de
l’eau
diminuerait
immédiatement,
l’évaporation
interne
cesserait,
interrompant la
production de
vapeur. Afin de
transformer
entièrement un
litre d’eau en
vapeur, nous
devrions ajouter
de la chaleur
jusqu’à ce qu’il
n’y ait plus
d’eau. Pour
cela, nous avons
besoin de 2257
kJ
supplémentaires,
c’est-à-dire
plus de 5 fois
la quantité de
chaleur requise
pour chauffer de
l’eau de 0°C à
100°C.
Nous constatons
que la
température
reste constante
à 100°C pendant
ce processus.
Ainsi, aucune
chaleur
perceptible
(latente) n’est
produite, mais
l’eau se
transforme de
l’état liquide à
l’état gazeux.
Fig. 4-15
Diagramme
température/enthalpie
pour l’eau à une
pression
atmosphérique de
1013 mbar
Puisque, en
théorie, aucune
énergie ne se
perd, un
kilogramme de
vapeur de 100°C
contient une
énergie
thermique
équivalente à
419 + 2257 kJ =
2676 kJ. On dit
donc que cette
vapeur a un
contenu de
chaleur
(enthalpie) de
2676 kJ/kg.
Afin de
transformer un
kilogramme de
glace de 0°C en
un litre d’eau
de 0°C, nous
avons besoin de
335 kJ. Nous
constatons aussi
que la
température
reste constante
pendant cette
transformation.
Aucune chaleur
perceptible
n’est produite,
mais l’eau se
transforme de
l’état solide à
l’état liquide.
Le changement
d’état de l’eau
peut être
schématisé de
plusieurs
façons. La Fig.
4-15 montre la
température en
fonction de
l’apport de
chaleur à
pression
constante. On
peut clairement
y localiser les
zones de
transmission de
chaleur
perceptible et
latente. La
teneur en
chaleur de
l’eau,
c’est-à-dire,
son enthalpie,
augmente par
l’apport de
chaleur.
Les diagrammes
pression-température
ou
pression-enthalpie,
ainsi que le
tableau
eau/vapeur sont
d’autres
manières de
représenter ces
relations (voir
annexe).
Quand on apporte
de la chaleur à
une matière (par
exemple, à
l’aide d’un
brûleur ou d’un
élément de
chauffage
électrique)
apparaît alors
la chaleur
sensible. Cette
chaleur est
détectable à
l’aide d’un
thermomètre.
La chaleur
latente est la
chaleur ajoutée
à une matière
pour provoquer
son changement
d’état complet.
Il n’y a aucune
variation de
température
pendant ces
transformations.
L’enthalpie est
la somme de la
chaleur sensible
et latente. Lors
de processus
ayant des
variations de
pression et de
volume
considérables
(ex.
compression),
s’ajoute la
capacité de
travail
mécanique
(énergie
potentielle) du
fluide (unité de
mesure [kJ/kg]).
Excepté le
comportement
curieux de l’eau
entre 0°C et
4°C, et le fait
que chaque
liquide ait son
propre
coefficient de
dilatation, tout
ce que avons dit
au sujet de
l’eau vaut aussi
pour les autres
liquides.
|